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CATEGORIES:Séminaire du CREM
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SUMMARY:Peut-on filmer le sens musical ?
LOCATION:Lesc – salle 308F (3e étage) - 21\, allée de l’Université\, Nanterre\, \, 9
 2000\, France
DESCRIPTION:Lorsque nous « filmons la musique », quelles images fabriquons-nous d’une m
 usique, d’une pensée, d’un goût, d’un acte ou d’un monde musical ? Que dise
 nt ces images de nos liens à ces musiques, à ces musicien.nes et à ces mond
 es, et de nos manières de faire l’ethnomusicologie aujourd’hui ?\nLe cinéma
  documentaire s’est depuis longtemps affranchi d’une visée objective, tout 
 en continuant à questionner le monde ; l’anthropologie visuelle a suivi ce 
 cheminement et a élargi le champ des approches narratives et esthétiques. C
 ela ne semble pas être le cas de l’ethnomusicologie, en France au moins. Pa
 rce qu’elle s’occupe de musique, l’ethnomusicologie paraît a priori la scie
 nce humaine et sociale la mieux placée pour défendre l’apport heuristique d
 ’un regard poétique, émotionnel, intime, d’une narration non-linéaire ou d’
 une mise en scène choisie. Pourtant, l’ethnomusicologie reste majoritaireme
 nt productrice de films documentaires où le sens musical tente d’être révél
 é par l’image-son d’un geste ou d’une performance, comme si faire voir un a
 cte musical permettait naturellement de le faire entendre et surtout de le 
 faire comprendre.\nCoordonnée par Ariane Zevaco, ethnomusicologue et réalis
 atrice, cette rencontre du séminaire du CREM propose de questionner le post
 ulat qui précède à travers d’autres approches visuelles du musical. Sans êt
 re circonscrites à une visée « documentaire », elles proposent des regards,
  des écoutes, des créations visuelles et sonores qui interrogent les actes 
 et les pensées musicales, et peuvent nourrir nos regards ethnomusicologique
 s.\n\n\nPROGRAMMEAriane Zevaco / Courte introduction\nQuels choix technique
 s, esthétiques, anthropologiques, sociologiques, ethnomusicologiques guiden
 t nos fabrications des images et des sons de la musique ? Comment ces choix
 , de l’écriture de nos projets au filmage et à l’enregistrement, jusqu’au m
 ixage et à l’étalonnage, construisent-ils un sens musical particulier, celu
 i que nous voulons raconter ?\nEn présentant différents projets, achevés ou
  en cours, nous confronterons nos expériences et partageons nos questionnem
 ents.\nLoïc Ponceau, ethnomusicologue, musicien, vidéaste / Les rushes comm
 e œuvre trouble. À propos d'une captation réalisée au festival Echos (2022)
 .\n\nCette intervention a pour base des rushes collectés à l'aide d'une cam
 éra mini-dv lors d'Echos, un festival se déroulant surtout de nuit et metta
 nt en œuvre un dispositif de diffusion (des trompes envoient le son sur une
  paroi rocheuse via des trompes) centré sur l'expérience singulière de l'au
 diteur·ice.\nLa situation, à laquelle je participe en tant qu'auditeur et v
 idéaste, enserré dans un réseau amical alors sur-représenté, gorge le film 
 de ses particularités : les musicien·nes apparaissent très peu et c'est sur
 tout l'expérience impermanente de l'écoute qui est donnée à voir et à enten
 dre, dans une obscurité parfois totale, sur le temps long ; les rires, disc
 ussions et remarques se tissent au musical, l'augmentent et le parasitent ;
  la caméra est mouvementée. Nous ne sommes pas toujours sûrs de ce que nous
  percevons et l'expérimentation filmique résonne souvent avec celle de la s
 ituation musicale.\nCe qui m'intéresse de questionner ici, c'est le potenti
 el esthétique de la captation non éditée, où les détails s'amassent. Des ép
 reuves dont le but n'est pas usuellement d'être données à voir au public, e
 t dont la brutalité est pourtant significativement chargée.\nThierry Salver
 t, réalisateur / Tout a commencé par une danse\n\n\n\n\nEffectivement, tout
  a commencé par une danse et une rencontre avec une chorégraphe qui entremê
 le la danse contemporaine et la danse traditionnelle bretonne.\nIl s'ensuiv
 ra de nombreuses rencontres avec la musique sous toutes formes : improvisée
 , expérimentale, traditionnelle de Bretagne ou de Roumanie…\nEt cette envie
 , moi aussi, d'improviser avec mes images, d'avoir la même sensation que le
 s musiciens, d'être sur scène avec eux, de sentir la vibration. Et comment 
 tout cela va influencer le montage en direct … le vjing.\nChaque projet dev
 ient alors une exploration unique : comment capter l'essence d'une performa
 nce live, comment dialoguer visuellement avec un musicien qui improvise, co
 mment traduire en images la pulsation d'une gavotte ou les textures d'une m
 usique expérimentale.\nLe montage en direct (vjing) devient un instrument à
  part entière. Les images se superposent, se répondent, se transforment au 
 rythme de la musique. C'est une forme de composition visuelle instantanée, 
 où l'intuition et la technique se rejoignent. Puis ensuite viendront les cl
 ips, les documentaires.\nDes projets comme Aziliz, La Gavotte de Fin de Tre
 izhourien, Latitudes ou les extraits de mix aux vieilles Charrues témoignen
 t de cette démarche : être au plus près de l'instant créatif, faire corps a
 vec la musique et la danse, et offrir au spectateur une expérience immersiv
 e où l'image ne se contente pas d'accompagner, mais dialogue véritablement 
 avec le son et le mouvement.\nLes documentaires et les clips vidéo prolonge
 nt cette recherche, en explorant d'autres temporalités, d'autres rapports a
 u montage, mais toujours avec cette même volonté : faire vibrer l'image com
 me vibrent les corps et les instruments.\n** pause **\n\nAriane Zevaco / Un
  ciné-poème documentaire avec Ustâd Gholâm Hussain, joueur de rubâb (projet
  en cours)Après un court-métrage d’une dizaine de minutes réalisé en 2023 a
 vec Gholâm Hussain, j’ai décidé de réaliser un tout autre film, pour tenter
  de raconter ce que je comprends de son engagement musical, de sa pratique 
 et de son cheminement. L’esthétique des films argentiques (super 8, 16 mm) 
 et un travail sonore détaché de l’image me semblent au départ les plus adap
 tés. Au fur et à mesure que j’avance dans le projet, je me rends compte à q
 uel point ma propre relation à cette musique et à ce musicien façonnent mon
  regard et mon écoute, ce qui me mène à questionner mes choix. Je commence 
 à envisager d’utiliser aussi l’image numérique, et de mener un travail de c
 réation musical et sonore bien plus large. Ce sont ces questionnements que 
 je partagerai avec vous.\n\n\n \nDiscussion générale\n
X-ALT-DESC;FMTTYPE=text/html:<p>Lorsque nous «&nbsp;filmons la musique&nbsp;», quelles images fabriquons
 -nous d’une musique, d’une pensée, d’un goût, d’un acte ou d’un monde music
 al ? Que disent ces images de nos liens à ces musiques, à ces musicien.nes 
 et à ces mondes, et de nos manières de faire l’ethnomusicologie aujourd’hui
 &nbsp;?</p><p>Le cinéma documentaire s’est depuis longtemps affranchi d’une
  visée objective, tout en continuant à questionner le monde&nbsp;; l’anthro
 pologie visuelle a suivi ce cheminement et a élargi le champ des approches 
 narratives et esthétiques. Cela ne semble pas être le cas de l’ethnomusicol
 ogie, en France au moins. Parce qu’elle s’occupe de musique, l’ethnomusicol
 ogie paraît a priori la science humaine et sociale la mieux placée pour déf
 endre l’apport heuristique d’un regard poétique, émotionnel, intime, d’une 
 narration non-linéaire ou d’une mise en scène choisie. Pourtant, l’ethnomus
 icologie reste majoritairement productrice de films documentaires où le sen
 s musical tente d’être révélé par l’image-son d’un geste ou d’une performan
 ce, comme si faire voir un acte musical permettait naturellement de le fair
 e entendre et surtout de le faire comprendre.<br />Coordonnée par Ariane Ze
 vaco, ethnomusicologue et réalisatrice, cette rencontre du séminaire du CRE
 M propose de questionner le postulat qui précède à travers d’autres approch
 es visuelles du musical. Sans être circonscrites à une visée «&nbsp;documen
 taire&nbsp;», elles proposent des regards, des écoutes, des créations visue
 lles et sonores qui interrogent les actes et les pensées musicales, et peuv
 ent nourrir nos regards ethnomusicologiques.<br /><br /></p><h2><strong>PRO
 GRAMME</strong></h2><h5>Ariane Zevaco / <strong>Courte introduction</strong
 ></h5><p><br />Quels choix techniques, esthétiques, anthropologiques, socio
 logiques, ethnomusicologiques guident nos fabrications des images et des so
 ns de la musique&nbsp;? Comment ces choix, de l’écriture de nos projets au 
 filmage et à l’enregistrement, jusqu’au mixage et à l’étalonnage, construis
 ent-ils un sens musical particulier, celui que nous voulons raconter&nbsp;?
 <br />En présentant différents projets, achevés ou en cours, nous confronte
 rons nos expériences et partageons nos questionnements.</p><h4>Loïc Ponceau
 , ethnomusicologue, musicien, vidéaste / <strong>Les&nbsp;</strong><em><str
 ong>rushes&nbsp;</strong></em><strong>comme&nbsp;œuvre trouble. À propos d'
 une captation réalisée au festival Echos (2022).<br /></strong><br /><img s
 rc="https://www.lesc-cnrs.fr/images/vstoichita/Seminaire_FilmerSensMusical-
 Ponceau.png" width="1622" height="284" alt="Seminaire FilmerSensMusical Pon
 ceau" style="margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; float: left;" /></h4>
 <p>Cette intervention a pour base des rushes collectés à l'aide d'une camér
 a mini-dv lors d'Echos, un festival se déroulant surtout de nuit et mettant
  en œuvre un dispositif de diffusion (des trompes envoient le son sur une p
 aroi rocheuse via des trompes) centré sur l'expérience singulière de l'audi
 teur·ice.</p><p>La situation, à laquelle je participe en tant qu'auditeur e
 t vidéaste, enserré dans un réseau amical alors sur-représenté,&nbsp;gorge 
 le film de ses particularités : les musicien·nes apparaissent très peu et c
 'est surtout l'expérience impermanente de l'écoute qui est donnée à voir et
  à entendre, dans une obscurité parfois totale, sur le temps long ; les rir
 es, discussions et remarques se tissent au musical, l'augmentent et le para
 sitent ;&nbsp;la caméra est mouvementée.&nbsp;Nous ne sommes pas toujours s
 ûrs de ce que nous percevons&nbsp;et l'expérimentation filmique résonne sou
 vent avec celle de la situation musicale.</p><p>Ce qui m'intéresse de quest
 ionner ici, c'est le potentiel esthétique de la captation non éditée, où le
 s détails s'amassent. Des épreuves dont le but n'est pas usuellement d'être
  données à voir au public, et dont la brutalité est pourtant significativem
 ent chargée.</p><h4>Thierry Salvert, réalisateur / <strong>Tout a commencé 
 par une danse<br /></strong></h4><p><img src="https://www.lesc-cnrs.fr/imag
 es/vstoichita/Seminaire_FilmerSensMusical-Salvert.jpg" width="1299" height=
 "866" alt="Seminaire FilmerSensMusical Salvert" style="margin-right: 10px; 
 margin-bottom: 10px; float: left;" /></p><p><br /><br /></p><p>Effectivemen
 t, tout a commencé par une danse et une rencontre avec une chorégraphe qui 
 entremêle la danse contemporaine et la danse traditionnelle bretonne.<br />
 Il s'ensuivra de nombreuses rencontres avec la musique sous toutes formes :
  improvisée, expérimentale, traditionnelle de Bretagne ou de Roumanie…<br /
 >Et cette envie, moi aussi, d'improviser avec mes images, d'avoir la même s
 ensation que les musiciens, d'être sur scène avec eux, de sentir la vibrati
 on. Et comment tout cela va influencer le montage en direct … le vjing.<br 
 />Chaque projet devient alors une exploration unique : comment capter l'ess
 ence d'une performance live, comment dialoguer visuellement avec un musicie
 n qui improvise, comment traduire en images la pulsation d'une gavotte ou l
 es textures d'une musique expérimentale.<br />Le montage en direct (vjing) 
 devient un instrument à part entière. Les images se superposent, se réponde
 nt, se transforment au rythme de la musique. C'est une forme de composition
  visuelle instantanée, où l'intuition et la technique se rejoignent. Puis e
 nsuite viendront les clips, les documentaires.<br />Des projets comme Azili
 z, La Gavotte de Fin de Treizhourien, Latitudes ou les extraits de mix aux 
 vieilles Charrues témoignent de cette démarche : être au plus près de l'ins
 tant créatif, faire corps avec la musique et la danse, et offrir au spectat
 eur une expérience immersive où l'image ne se contente pas d'accompagner, m
 ais dialogue véritablement avec le son et le mouvement.</p><p>Les documenta
 ires et les clips vidéo prolongent cette recherche, en explorant d'autres t
 emporalités, d'autres rapports au montage, mais toujours avec cette même vo
 lonté : faire vibrer l'image comme vibrent les corps et les instruments.</p
 ><h4><strong>** pause **</strong><br /><br />Ariane Zevaco / <strong>Un cin
 é-poème documentaire avec Ustâd Gholâm Hussain, joueur de rubâb (projet en 
 cours)</strong></h4><p>Après un court-métrage d’une dizaine de minutes réal
 isé en 2023 avec Gholâm Hussain, j’ai décidé de réaliser un tout autre film
 , pour tenter de raconter ce que je comprends de son engagement musical, de
  sa pratique et de son cheminement. L’esthétique des films argentiques (sup
 er 8, 16 mm) et un travail sonore détaché de l’image me semblent au départ 
 les plus adaptés. Au fur et à mesure que j’avance dans le projet, je me ren
 ds compte à quel point ma propre relation à cette musique et à ce musicien 
 façonnent mon regard et mon écoute, ce qui me mène à questionner mes choix.
  Je commence à envisager d’utiliser aussi l’image numérique, et de mener un
  travail de création musical et sonore bien plus large. Ce sont ces questio
 nnements que je partagerai avec vous.<br /><br /><img src="https://www.lesc
 -cnrs.fr/images/vstoichita/Seminaire_FilmerSensMusical-Zevaco.png" width="1
 288" height="241" alt="Seminaire FilmerSensMusical Zevaco" style="margin-ri
 ght: 10px; margin-bottom: 10px; float: left;" /></p><p>&nbsp;</p><p><strong
 >Discussion générale</strong></p>
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