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CATEGORIES:Séminaire du CREM, CREM
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SUMMARY:« Devenir la meilleure version de soi-même »  Connexion, expériences-flux et récits de développement personnel dans les danses afro-latines du Cap
LOCATION:Lesc – salle 308F (3e étage)
DESCRIPTION:Avec Alice Aterianus-Owanga *\n&gt;“Something was very wrong in my life. Bu
 t I couldn't fix it because I didn't know what it was. And nobody else knew
  what it was. But then I went to salsa.”\nIbrahim, trentenaire issu d’une f
 amille coloured des townships du Cap et aujourd’hui inscrit dans les classe
 s moyennes aisées, débute ainsi son récit d’apprentissage de la salsa, et s
 on explication de la dimension profondément transformatrice des rencontres 
 vécues et des efforts consentis pour parvenir à entrer en « connexion » ave
 c ses partenaires de danse. La découverte de la salsa a représenté le point
  de départ d’un parcours de refondation de sa manière d’être aux autres et 
 au monde, le conduisant du statut d’« inapte social » à celui de camarade e
 t de partenaire apprécié au sein de cette communauté d’amateurs.\nLes référ
 ences à ce pouvoir transformateur de la connexion et de l’apprentissage de 
 la danse abondent dans les conversations ordinaires et entretiens collectés
  auprès des danseurs de salsa et d’autres danses afro-latines au Cap. Si le
 s récits diffèrent en fonction des origines sociales, le dénominateur commu
 n de nombre de témoignages de passionnés repose sur la lecture psychologiqu
 e de ces expériences des corps en contact, et sur l’utopie de résolution de
 s maux individuels et des cicatrices collectives qu’elles viendraient incar
 ner. Ainsi, la connexion apparaît comme le ferment de production d’une comm
 unauté de passionnés dont les liens déborderaient le registre du « semi-ano
 nymat » décrit à propos d’autres danses de couple (Törnqvist, 2018), et qui
  romprait avec l’effet de « clique » et de ségrégation caractéristique de l
 a société post-apartheid du Cap (Lemanski, 2007 ; Turok et al. 2021).\nMa p
 résentation tâchera de réconcilier différentes lectures qui pourraient être
  apportées à propos ces pratiques du développement personnel et de la reche
 rche du bonheur par la connexion, entre une lecture phénoménologique des te
 chnologies d’enchantement et des dispositifs sensoriels impliqués dans ces 
 expériences, un examen du contexte sociohistorique dans lequel ils se dével
 oppent (celui de revendication de droit à la consommation, à la ville et au
  cosmopolitisme des nouvelles classes moyennes du Cap), et une prise en con
 sidération des rapports de pouvoir et paradigmes néolibéraux qui les imprèg
 nent. En partant de diverses narrations de soi d’amateurs de danses afro-la
 tines, je discuterai de la façon dont cet univers est nourri par une éthiqu
 e du développement personnel imprégné de la littérature de psychologie popu
 laire, et la volonté d’exister comme être social au-delà de certaines assig
 nations raciales et genrées, en résonance avec différents idéaux promus dan
 s la société sud-africaine. Nous verrons qu’une compréhension nuancée de ce
 s pratiques nécessite de penser à l’intersection de plusieurs niveaux de co
 mpréhension, et donc de (ré)concilier le social et le sensible (Laplantine 
 2005). \n* Alice Aterianus-Owanga est anthropologue, actuellement boursière
  Marie Skłodowska-Curie à l'Université de Genève et à l'Université du Cap. 
 Spécialiste de l’anthropologie des musiques et des danses dans l’Afrique po
 stcoloniale et sa diaspora, elle a dirigé plusieurs numéros de revue sur ce
 s questions, et elle est l’auteure de nombreux articles dans des revues de 
 sciences sociales (Journal of African Cultural studies, Critical African st
 udies, Ethnologie française, Politique Africaine, Open cultural studies, Gr
 adhiva, etc.). Sa monographie (Le rap, ça vient d’ici ! Musiques, pouvoir e
 t identité dans le Gabon contemporain, MSH Éditions) a été primée en 2018 p
 ar l’Académie de musique Charles Cros. Elle a également réalisé quatre film
 s documentaires. \nSes recherches ont d'abord porté sur les rapports entre 
 musiques urbaines, politique et identité au Gabon, ainsi que sur la patrimo
 nialisation des sociétés initiatiques depuis les indépendances. Elle a par 
 la suite développé un projet à propos des circulations des danses sénégalai
 ses entre l'Europe (France et Suisse) et le Sénégal, et analysé les rencont
 res postexotiques que ces danses génèrent. Elle travaille actuellement sur 
 la production tactile des sociabilités et identités urbaines dans la ville 
 du Cap, à partir d’une ethnographie des mondes de la salsa et des danses af
 ro-latines dans cette ville.  \n
X-ALT-DESC;FMTTYPE=text/html:<p><img src="https://www.lesc-cnrs.fr/images/vstoichita/Seminaire_Aterianus
 2023.jpg" alt="Seminaire Aterianus2023" style="margin-right: 10px; margin-b
 ottom: 10px; float: left;" title="Rencontres de salsa &quot;Sunkissed&quot;
  sur la promenade de Sea Point, Le Cap, Avril 2022 (photo de l'auteure).&nb
 sp;" width="300" height="200" />Avec <strong>Alice Aterianus-Owanga *</stro
 ng></p><p><em>&gt;“Something was very wrong in my life. But I couldn't fix 
 it because I didn't know what it was. And nobody else knew what it was. But
  then I went to salsa.”</em></p><p>Ibrahim, trentenaire issu d’une famille 
 <em>coloured</em> des townships du Cap et aujourd’hui inscrit dans les clas
 ses moyennes aisées, débute ainsi son récit d’apprentissage de la salsa, et
  son explication de la dimension profondément transformatrice des rencontre
 s vécues et des efforts consentis pour parvenir à entrer en «&nbsp;connexio
 n&nbsp;» avec ses partenaires de danse. La découverte de la salsa a représe
 nté le point de départ d’un parcours de refondation de sa manière d’être au
 x autres et au monde, le conduisant du statut d’«&nbsp;inapte social&nbsp;»
  à celui de camarade et de partenaire apprécié au sein de cette communauté 
 d’amateurs.</p><p>Les références à ce pouvoir transformateur de la connexio
 n et de l’apprentissage de la danse abondent dans les conversations ordinai
 res et entretiens collectés auprès des danseurs de salsa et d’autres danses
  afro-latines au Cap. Si les récits diffèrent en fonction des origines soci
 ales, le dénominateur commun de nombre de témoignages de passionnés repose 
 sur la lecture psychologique de ces expériences des corps en contact, et su
 r l’utopie de résolution des maux individuels et des cicatrices collectives
  qu’elles viendraient incarner. Ainsi, la connexion apparaît comme le ferme
 nt de production d’une communauté de passionnés dont les liens déborderaien
 t le registre du «&nbsp;semi-anonymat&nbsp;» décrit à propos d’autres danse
 s de couple (Törnqvist, 2018), et qui romprait avec l’effet de «&nbsp;cliqu
 e&nbsp;» et de ségrégation caractéristique de la société post-apartheid du 
 Cap (Lemanski, 2007&nbsp;; Turok <em>et al.</em> 2021).</p><p>Ma présentati
 on tâchera de réconcilier différentes lectures qui pourraient être apportée
 s à propos ces pratiques du développement personnel et de la recherche du b
 onheur par la connexion, entre une lecture phénoménologique des technologie
 s d’enchantement et des dispositifs sensoriels impliqués dans ces expérienc
 es, un examen du contexte sociohistorique dans lequel ils se développent (c
 elui de revendication de droit à la consommation, à la ville et au cosmopol
 itisme des nouvelles classes moyennes du Cap), et une prise en considératio
 n des rapports de pouvoir et paradigmes néolibéraux qui les imprègnent. En 
 partant de diverses narrations de soi d’amateurs de danses afro-latines, je
  discuterai de la façon dont cet univers est nourri par une éthique du déve
 loppement personnel imprégné de la littérature de psychologie populaire, et
  la volonté d’exister comme être social au-delà de certaines assignations r
 aciales et genrées, en résonance avec différents idéaux promus dans la soci
 été sud-africaine. Nous verrons qu’une compréhension nuancée de ces pratiqu
 es nécessite de penser à l’intersection de plusieurs niveaux de compréhensi
 on, et donc de (ré)concilier le social et le sensible (Laplantine 2005).&nb
 sp;</p><p><strong>*</strong> <strong>Alice Aterianus-Owanga</strong> est an
 thropologue, actuellement boursière Marie Skłodowska-Curie à l'Université d
 e Genève et à l'Université du Cap. Spécialiste de l’anthropologie des musiq
 ues et des danses dans l’Afrique postcoloniale et sa diaspora, elle a dirig
 é plusieurs numéros de revue sur ces questions, et elle est l’auteure de no
 mbreux articles dans des revues de sciences sociales (<em>Journal of Africa
 n Cultural studies, Critical African studies, Ethnologie française, Politiq
 ue Africaine, Open cultural studies, Gradhiva, etc.)</em>. Sa monographie (
 <em>Le rap, ça vient d’ici&nbsp;! Musiques, pouvoir et identité dans le Gab
 on contemporain,</em>&nbsp;MSH Éditions) a été primée en 2018 par l’Académi
 e de musique Charles Cros. Elle&nbsp;a également réalisé quatre films docum
 entaires.&nbsp;</p><p>Ses recherches ont d'abord porté sur les rapports ent
 re musiques urbaines, politique et identité au Gabon, ainsi que sur la patr
 imonialisation des sociétés initiatiques depuis les indépendances. Elle a p
 ar la suite développé un projet à propos des circulations des danses sénéga
 laises entre l'Europe (France et Suisse) et le Sénégal, et analysé les renc
 ontres postexotiques que ces danses génèrent. Elle travaille actuellement s
 ur la production tactile des sociabilités et identités urbaines dans la vil
 le du Cap, à partir d’une ethnographie des mondes de la salsa et des danses
  afro-latines dans cette ville.&nbsp;&nbsp;</p>
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