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CATEGORIES:Atelier « chantiers »
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SUMMARY:Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens...
LOCATION:Lesc – salle 304F (3e étage) - 21\, allée de l’Université\, Nanterre\, \, 9
 2000\, France
DESCRIPTION:<p><em>Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens... </em></p
 ><p>Atelier ouvert à tous les membres du laboratoire (pour accéder aux maté
 riaux de la séance, cliquez <a href="fr/laboratoire/agenda/9788/lien-pour-a
 telier-chantiers" target="_blank" rel="noopener">ici</a>, authentification 
 nécessaire).</p><p>Le texte que je soumets à la discussion pour cette séanc
 e découle de problèmes rencontrés lors de l’écriture d’un chapitre de thèse
  devant introduire à l’histoire de la région "Omo Sud" au Sud-Ouest de l’Et
 hiopie.<br />Mon problème est que l’histoire de cette région est impossible
  à écrire sans se fonder démesurément sur des points de vue de vainqueurs, 
 qui ont ensuite créé et administré/consommé/etc. cette région comme un tout
 . Les sources orales, qui existent, se concentrent sur des périodes plus ré
 centes et sont centrées sur les populations de plus petite échelle qui les 
 racontent.<br />Pour répondre à cette difficulté, j’ai imaginé la construct
 ion de "récits parodiques de l'histoire", paraphrasés ou empruntés à des so
 urces historiques réelles, mais dont je voulais exagérer les traits de faço
 n à faire ressortir par l'absurde, ou plutôt par la satire, les entreprises
  de dominations qu'ils incarnent et qui les dépassent.<br />Le but est de f
 aire sentir aux lecteurs le poids d'évènements historiques qui font de la d
 éfinition du territoire jusqu'aujourd'hui un constant vecteur d'établisseme
 nt d'empires via des discours sur la découverte et l'apport de la civilisat
 ion. Soit, dans les mots d'Anna Tsing (Frictions 2005), "rendre le lecteur 
 sensible à la brutalité de la zone frontière". Des explorations par des eur
 opéens contemporains des ravages coloniaux à la mise en vitrine touristique
  <em>in situ</em> en passant par la brutalité des conquête abyssine et l’as
 similation par la force à l’empire des rois d’Ethiopie, c'est à cet ordre d
 es idées et des pouvoirs, et à sa permanence, que je veux rendre sensible.<
 br />Analyser en "sociologue omniscient" leurs récits de l'histoire ne me s
 emblait pas suffire, car en les citant toujours, c'est toujours eux qu'on e
 ntend. L’asymétrie est bien résumée par la maxime&nbsp;: «&nbsp;tant que le
 s lions n’auront pas d’historiens, l’histoire sera toujours à la gloire des
  chasseurs.&nbsp;» Quitte à n’entendre que les voix qui nous sommes restées
 , je voulais que ces récits se contredisent ou se mangent eux-mêmes. Je me 
 suis demandé : comment subvertir un récit de l'histoire, comment raconter l
 'histoire de façon à comprendre immédiatement qu'on n'a que la version du c
 hasseur, et qu'elle n'a rien à voir avec la version du lion ?<br />J’ai don
 c imaginé de construire trois récits&nbsp;: le compte-rendu à une associati
 on géographique d’un explorateur européen, la lettre amoureuse et déprimée 
 d'un administrateur nord-éthiopien exilé, et le blog de voyage d’un tourist
 e du XXIème siècle.<br />Je vous livre le premier récit, suivi d’une tentat
 ive d’introduction pas académique.<br />Les questions que je me pose sont :
  Est-ce que le récit fonctionne ? Peut-il fonctionner seul ? (Je reprends l
 es mots bien choisis de Sarah :) la tentative parodique peut-elle se passer
  d'un appareillage académique explicatif sur son intention ? Enfin, faudrai
 t-il dans le texte donner plus d’indice sur ce qui a trait à l’invention (l
 a parodie) et ce qui a trait au fait historique ?<br />PS&nbsp;: <em>Discla
 imer</em> linguistique&nbsp;: le texte est issu de ma thèse qui est rédigée
  en anglais, donc en anglais! (Avec des irrégularités car je dois trouver u
 ne édition anglais de <em>Cent ans de solitude</em>. Lissage en cours, d’av
 ance mes excuses!)<br />Marion Langumier</p>
X-ALT-DESC;FMTTYPE=text/html:<p><em>Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens... </em></p
 ><p>Atelier ouvert à tous les membres du laboratoire (pour accéder aux maté
 riaux de la séance, cliquez <a href="https://www.lesc-cnrs.fr/fr/laboratoir
 e/agenda/9788/lien-pour-atelier-chantiers" target="_blank" rel="noopener">i
 ci</a>, authentification nécessaire).</p><p>Le texte que je soumets à la di
 scussion pour cette séance découle de problèmes rencontrés lors de l’écritu
 re d’un chapitre de thèse devant introduire à l’histoire de la région "Omo 
 Sud" au Sud-Ouest de l’Ethiopie.<br />Mon problème est que l’histoire de ce
 tte région est impossible à écrire sans se fonder démesurément sur des poin
 ts de vue de vainqueurs, qui ont ensuite créé et administré/consommé/etc. c
 ette région comme un tout. Les sources orales, qui existent, se concentrent
  sur des périodes plus récentes et sont centrées sur les populations de plu
 s petite échelle qui les racontent.<br />Pour répondre à cette difficulté, 
 j’ai imaginé la construction de "récits parodiques de l'histoire", paraphra
 sés ou empruntés à des sources historiques réelles, mais dont je voulais ex
 agérer les traits de façon à faire ressortir par l'absurde, ou plutôt par l
 a satire, les entreprises de dominations qu'ils incarnent et qui les dépass
 ent.<br />Le but est de faire sentir aux lecteurs le poids d'évènements his
 toriques qui font de la définition du territoire jusqu'aujourd'hui un const
 ant vecteur d'établissement d'empires via des discours sur la découverte et
  l'apport de la civilisation. Soit, dans les mots d'Anna Tsing (Frictions 2
 005), "rendre le lecteur sensible à la brutalité de la zone frontière". Des
  explorations par des européens contemporains des ravages coloniaux à la mi
 se en vitrine touristique <em>in situ</em> en passant par la brutalité des 
 conquête abyssine et l’assimilation par la force à l’empire des rois d’Ethi
 opie, c'est à cet ordre des idées et des pouvoirs, et à sa permanence, que 
 je veux rendre sensible.<br />Analyser en "sociologue omniscient" leurs réc
 its de l'histoire ne me semblait pas suffire, car en les citant toujours, c
 'est toujours eux qu'on entend. L’asymétrie est bien résumée par la maxime&
 nbsp;: «&nbsp;tant que les lions n’auront pas d’historiens, l’histoire sera
  toujours à la gloire des chasseurs.&nbsp;» Quitte à n’entendre que les voi
 x qui nous sommes restées, je voulais que ces récits se contredisent ou se 
 mangent eux-mêmes. Je me suis demandé : comment subvertir un récit de l'his
 toire, comment raconter l'histoire de façon à comprendre immédiatement qu'o
 n n'a que la version du chasseur, et qu'elle n'a rien à voir avec la versio
 n du lion ?<br />J’ai donc imaginé de construire trois récits&nbsp;: le com
 pte-rendu à une association géographique d’un explorateur européen, la lett
 re amoureuse et déprimée d'un administrateur nord-éthiopien exilé, et le bl
 og de voyage d’un touriste du XXIème siècle.<br />Je vous livre le premier 
 récit, suivi d’une tentative d’introduction pas académique.<br />Les questi
 ons que je me pose sont : Est-ce que le récit fonctionne ? Peut-il fonction
 ner seul ? (Je reprends les mots bien choisis de Sarah :) la tentative paro
 dique peut-elle se passer d'un appareillage académique explicatif sur son i
 ntention ? Enfin, faudrait-il dans le texte donner plus d’indice sur ce qui
  a trait à l’invention (la parodie) et ce qui a trait au fait historique ?<
 br />PS&nbsp;: <em>Disclaimer</em> linguistique&nbsp;: le texte est issu de
  ma thèse qui est rédigée en anglais, donc en anglais! (Avec des irrégulari
 tés car je dois trouver une édition anglais de <em>Cent ans de solitude</em
 >. Lissage en cours, d’avance mes excuses!)<br />Marion Langumier</p>
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