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CATEGORIES:Journées d’étude, Séminaire du CREM, CREM
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SUMMARY:Journée d'études : Musique et mémoire en contexte oral, coordoné par Hugo Ferran et Aurélie Helmlinger
LOCATION:Lesc – salle 308F (3e étage) - 21\, allée de l’Université\, Nanterre\, \, 9
 2000\, France
DESCRIPTION:Journée d’étude organisée par Hugo Ferran (http://lesc-cnrs.fr/index.php?op
 tion=com_comprofiler&amp;view=userprofile&amp;user=164&amp;Itemid=483) et A
 urélie Helmlinger (http://lesc-cnrs.fr/index.php?option=com_comprofiler&amp
 ;view=userprofile&amp;user=145&amp;Itemid=483)\n Dans les situations de tra
 nsmission orale, la reproduction de la musique repose  entièrement sur la m
 émoire des musiciens. La musique est dans ces cas-là rarement répétée à l’i
 dentique, bien qu’elle reste reconnaissable par la communauté : les pièces,
  les  formes ou les rythmes, sont aisément identifiés. Les ethnomusicologue
 s ont souvent expliqué cette plasticité musicale en terme de création, d’im
 provisation ou de variation.  Dans tous les cas, il s’agit de savoir quels 
 mécanismes (sociaux, culturels, cognitifs) sous-tendent non seulement l’ide
 ntification de la musique, mais aussi les actions des  musiciens en cours d
 e performance. Ainsi, les musiciens se laissent-ils guider par une référenc
 e mentale, sorte de « partition intérieure », ou se réfèrent-ils à un ensem
 ble de règles qui forme système ? De telles interrogations ont conduit les 
 chercheurs à réévaluer leurs propres catégories à la lumière de celles renc
 ontrées sur le terrain.\n\n Cette journée d’étude propose de relancer le dé
 bat sur la modélisation et la catégorisation musicale, à partir de données 
 récentes collectées sur une grande variété de terrains (Madagascar, Centraf
 rique, mouvements charismatiques catholiques, Éthiopie, Trinidad et Tobago)
 .\n\n Intervenants : Marc Chemiller (EHESS, CAMS), Susanne Fürniß (CNRS, EA
 E), Hugo Ferran (CREM-LESC), Aurélie Helmlinger (CNRS, CREM-LESC), Olivier 
 Tourny (CNRS, IDEMEC-École Française de Rome).\n\n Programme\n\n 9h45-12h45
  : Première session\n\n 30 mn de présentation, suivies de 30 mn de discussi
 on\n\n coordonnée par Rosalia Martinez (Paris 8 – CREM-LESC)\n\n Susanne Fü
 rniss. Épure, modèle et stock de mélodies : où puiser l'inspiration dans le
  chant polyphonique aka ?\n\n Aurélie Helmlinger.Comment mémorise-t-on un r
 ythme ? Le cas du calypso comme genre rythmique, à Trinidad et Tobago.\n\n 
 Hugo Ferran. Musique et mémoire chez les Maale du Sud-ouest éthiopien : ent
 re savoir collectif et individuel\n\n −−−\n\n 12h45 : Pause déjeuner\n\n −−
 −\n\n 14h-16h30 : Deuxième session\n\n 30 mn de présentation, suivies de 30
  mn de discussion\n\n coordonnée par Jean-Pierre Estival (IMinistère de la 
 Culture, CREM-LESC)\n\n Marc Chemillier. Modèle, mémoire, identification : 
 étude comparée des répertoires de harpe nzakara et de cithare malgache\n\n 
 Olivier Tourny. Avec l’aide du Saint Esprit. La mémoire « révélée » du chan
 t en langues des mouvements charismatiques catholiques\n\n 16h-16h45 :\n\n 
 Table-ronde, animée par Jean During (CNRS– CREM-LESC)\n\n Résumés\n\n Épure
 , modèle et stock de mélodies :\n\n où puiser l'inspiration dans le chant p
 olyphonique aka ?\n\n Susanne Fürniss\n\n L'étude de la systématique des mu
 siques d'Afrique centrale a largement bénéficié des apports théoriques et m
 éthodologiques de Simha Arom. En effet, grâce au procédé expérimental du re
 -recording, il a rendu possible la mise au jour des modèles mélodico-rythmi
 ques qui constituent la référence mentale pour les musiciens. Equivalent de
  "réalisation minimale" et d'"épure", la notion de "modèle" utilisée par S.
  Arom pose la question de la nature des éléments musicaux utilisées pour "h
 abiller" le modèle et le rendre vivant au cours d'une performance. À l'aide
  d'exemples de la polyphonie vocale des Aka de Centrafrique, ma contributio
 n interrogera différents niveaux de modèles, ainisi que les procédés qui pe
 rmettent de créer des parcours variables à travers le matériel musical de b
 ase.\n\n Comment mémorise-t-on un rythme ? \n\n Le cas du calypso comme gen
 re rythmique, à Trinidad et Tobago.\n\n Aurélie Helmlinger\n\n Ce travail s
 ’interrogera sur l’application de la notion de modèle, proposée par Simha A
 rom, dans le contexte de grande plasticité formelle et instrumentale observ
 ée à Trinidad et Tobago. Les sociétés créoles post-esclavagistes semblent e
 n effet caractérisées par leur créativité musicale et leur dynamisme stylis
 tique, et le calypso (comme genre rythmique), témoigne de cette variabilité
  formelle. Un modèle peut-il se dégager de toutes ces occurrences ? Malgré 
 cette souplesse, ce rythme est suffisamment normé pour avoir un rôle centra
 l dans les processus d’appropriation du répertoire : en steelband, des pièc
 es étrangères sont fréquemment adaptées par leur interprétation en calypso.
  Le contexte de compétions musicales pousse aussi à la formalisation, et le
 s musiciens interrogés sur une définition du calypso sont volontiers enclin
 s à dégager des principes d’identité rythmique. Mais les critères choisis r
 éduisent en réalité le rythme calypso à quelques traits finalement en deçà 
 de la réalité musicale.\n\n On s’interrogera sur la question de la modélisa
 tion rythmique dans le cas du rythme calypso, en tenant compte des recherch
 es en sciences cognitives montrant l’importance statistique dans la cogniti
 on humaine.\n\n Musique et mémoire chez les Maale du Sud-ouest éthiopien : 
 \n\n entre savoir collectif et individuel\n\n Hugo Ferran\n\n Cette présent
 ation examinera comment les Maale du Sud-ouest éthiopien apprennent, mémori
 sent et conceptualisent les pièces contrapuntiques de leur répertoire. Il r
 essortira que les enfants commencent par écouter, observer et mémoriser les
  variantes de la partie qu’ils souhaitent réaliser. Tout apprenti musicien 
 se crée ainsi un "stock" individuel de variantes dans lequel il puisera lib
 rement lorsqu’il sera amené à exécuter la partie en question. Par souci d’é
 conomie, l’esprit va progressivement synthétiser les variantes mémorisées e
 n un modèle plurivocal qui, non seulement contient toutes les variantes con
 nues de la partie, mais permet aussi de générer des variantes encore jamais
  entendues. Contrairement aux phénomènes observés en Centrafrique, le contr
 epoint maale ne procède pas d’une épure par partie constitutive. Chacune d’
 elles est sous-tendue par un modèle plurivocal qui laisse aux musiciens la 
 possibilité de choisir entre plusieurs parcours mélodico-rythmiques. Si ce 
 type de modèle semble relever d’un savoir partagé collectivement, il s’agir
 a de savoir comment celui-ci est réalisé individuellement.\n\n Modèle, mémo
 ire, identification : \n\n étude comparée des répertoires de harpe nzakara 
 et de cithare malgache\n\n Marc Chemillier\n\n Le modèle dans la conception
  aromienne, version épurée d'une pièce qui suffit à l'identifier, possède d
 eux caractéristiques essentielles. D'une part, il est réduit par rapport au
 x données musicales qu'il modélise, d'autre part il est unique pour une piè
 ce donnée.\n\n On propose comme hypothèse que la première caractéristique e
 st universelle alors que la seconde est dépendante du contexte culturel. En
  effet, l'aspect réducteur du modèle est sans doute lié au fonctionnement d
 e la mémoire. On montera l'exemple d'un air malgache qui est mémorisé par l
 es musiciens avec différents niveaux de réduction selon que l'on est proche
  de sa source (Tananarive) ou plus éloigné (Sud du pays). En revanche, l'un
 icité du modèle ne semble pas être une propriété cognitive universelle, mai
 s plutôt une conséquence de l'usage qui est fait de la musique dans un cont
 exte social donné. Chez les citharistes malgaches, chaque pièce comporte pl
 usieurs modèles, qui sont des variantes simplifiées interchangeables et suf
 fisantes en elles-mêmes pour identifier la pièce. Chez les Nzakara d'Afriqu
 e centrale, au contraire, le modèle d'une pièce est unique parce que chacun
 e d'elles avait une fonction bien définie dans le contexte des anciennes co
 urs Bandia. On peut imaginer que le rôle social attribué à chaque pièce cré
 e un mécanisme de renforcement analogue au mécanisme de réduction de la mém
 oire dans le sens où les variantes inutiles se trouvent progressivement éli
 minées au profit d'un modèle unique qui suffit à remplir le rôle que doit j
 ouer la pièce au sein de la société.\n\n Avec l’aide du Saint Esprit. La mé
 moire « révélée » du chant en langues des mouvements charismatiques catholi
 ques\n\n Olivier Tourny\n\n Après le Concile Vatican 2, les couvents et par
 oisses catholiques du monde se sont trouvées face à un challenge extraordin
 aire et à une angoisse profonde : chanter comme elles veulent et dans la la
 ngue qu’elles veulent. Vous vouliez la liberté ? Débrouillez vous avec elle
 ... Et chacun à bidouiller musicalement dans son coin ; avec plus ou moins 
 de bonheur.\n\n Au sein de ces « laboratoires » a émergé un courant, finale
 ment adoubé par l’Église de Rome, celui des Charismatiques. Il est difficil
 e d’identifier les origines et les sources de ce(s) mouvements(s), tant les
  influences sont grandes, bien que l’on sache à présent qu’il est (était) u
 ne proposition de réaction et de réponse aux puissants courants évangéliste
 s d’outre-Atlantique. Une histoire à écrire donc, mais dont l’une des manif
 estations les plus inédites est à l’évidence la glossolalie, ou chant en la
 ngues.\n\n Le chant en langues est une résurgence – une volonté de renaissa
 nce – de l’expérience de la Pentecôte, où suite à la résurrection du Christ
 , les Apôtres reçoivent la grâce de l’Esprit Saint de porter la Bonne Parol
 e en toutes langues. De nos jours, lors d’offices ou de temps de prières, u
 n temps est laissé aux mouvements charismatiques de renouer avec cette expé
 rience en priant et en chantant en langues. Se pose alors la question suiva
 nte : en quoi une louange collective révélée par l’Esprit Saint, spontanée 
 et improvisée, serait-elle porteuse de mémoire ? Ces interrogations seront 
 éclairées à la lumière de données ethnographiques collectées à Rome.
X-ALT-DESC;FMTTYPE=text/html:<h6><strong><img style="margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; float: lef
 t;" alt="Ren Magritte Clairvoyance 1936 MoMA" src="https://www.lesc-cnrs.fr
 /images/scalapi/seminairecrem/Ren-Magritte-Clairvoyance-1936-MoMA.jpg" />Jo
 urnée d’étude organisée par <a target="_blank" href="http://lesc-cnrs.fr/in
 dex.php?option=com_comprofiler&amp;view=userprofile&amp;user=164&amp;Itemid
 =483">Hugo Ferran</a> et <a target="_blank" href="http://lesc-cnrs.fr/index
 .php?option=com_comprofiler&amp;view=userprofile&amp;user=145&amp;Itemid=48
 3">Aurélie Helmlinger</a></strong><br />&nbsp;</h6>Dans les situations de t
 ransmission orale, la reproduction de la musique repose &nbsp;entièrement s
 ur la mémoire des musiciens. La musique est dans ces cas-là rarement répété
 e à l’identique, bien qu’elle reste reconnaissable par la communauté : les 
 pièces, les &nbsp;formes ou les rythmes, sont aisément identifiés. Les ethn
 omusicologues ont souvent expliqué cette plasticité musicale en terme de cr
 éation, d’improvisation ou de variation. &nbsp;Dans tous les cas, il s’agit
  de savoir quels mécanismes (sociaux, culturels, cognitifs) sous-tendent no
 n seulement l’identification de la musique, mais aussi les actions des &nbs
 p;musiciens en cours de performance. Ainsi, les musiciens se laissent-ils g
 uider par une référence mentale, sorte de « partition intérieure », ou se r
 éfèrent-ils à un ensemble de règles qui forme système ? De telles interroga
 tions ont conduit les chercheurs à réévaluer leurs propres catégories à la 
 lumière de celles rencontrées sur le terrain.<br /><br /> Cette journée d’é
 tude propose de relancer le débat sur la modélisation et la catégorisation 
 musicale, à partir de données récentes collectées sur une grande variété de
  terrains (Madagascar, Centrafrique, mouvements charismatiques catholiques,
  Éthiopie, Trinidad et Tobago).<br /><br /> <strong>Intervenants : </strong
 >Marc Chemiller (EHESS, CAMS), Susanne Fürniß (CNRS, EAE), Hugo Ferran (CRE
 M-LESC), Aurélie Helmlinger (CNRS, CREM-LESC), Olivier Tourny (CNRS, IDEMEC
 -École Française de Rome).<br /><br /> Programme<br /><br /> 9h45-12h45&nbs
 p;: Première session<br /><br /> <i>30 mn de présentation, suivies de 30 mn
  de discussion</i><br /><br /> <i>coordonnée par Rosalia Martinez (Paris 8 
 – CREM-LESC)</i><br /><br /> Susanne Fürniss. <strong>Épure, modèle et stoc
 k de mélodies&nbsp;: où puiser l'inspiration dans le chant polyphonique aka
  ?</strong><br /><br /> Aurélie Helmlinger.<strong>Comment mémorise-t-on un
  rythme ? Le cas du calypso comme genre rythmique, à Trinidad et Tobago.</s
 trong><br /><br /> Hugo Ferran. <strong>Musique et mémoire chez les Maale d
 u Sud-ouest éthiopien : entre savoir collectif et individuel</strong><br />
 <br /> −−−<br /><br /> 12h45&nbsp;: Pause déjeuner<br /><br /> −−−<br /><br
  /> 14h-16h30&nbsp;: Deuxième session<br /><br /> <i>30 mn de présentation,
  suivies de 30 mn de discussion</i><br /><br /> <i>coordonnée par Jean-Pier
 re Estival (IMinistère de la Culture, CREM-LESC)</i><br /><br /> Marc Chemi
 llier.<strong> Modèle, mémoire, identification&nbsp;: étude comparée des ré
 pertoires de harpe nzakara et de cithare malgache</strong><br /><br /> Oliv
 ier Tourny. <strong>Avec l’aide du Saint Esprit. La mémoire «&nbsp;révélée&
 nbsp;» du chant en langues des mouvements charismatiques catholiques</stron
 g><br /><br /> 16h-16h45&nbsp;:<br /><br /> <strong>Table-ronde, animée par
  Jean During <i>(CNRS– CREM-LESC)</i></strong><br /><br /> Résumés<br /><br
  /> <strong>Épure, modèle et stock de mélodies :</strong><br /><br /> <stro
 ng>où puiser l'inspiration dans le chant polyphonique aka ?</strong><br /><
 br /> <i>Susanne Fürniss</i><br /><br /> L'étude de la systématique des mus
 iques d'Afrique centrale a largement bénéficié des apports théoriques et mé
 thodologiques de Simha Arom. En effet, grâce au procédé expérimental du <i>
 re-recording</i>, il a rendu possible la mise au jour des modèles mélodico-
 rythmiques qui constituent la référence mentale pour les musiciens. Equival
 ent de "réalisation minimale" et d'"épure", la notion de "modèle" utilisée 
 par S. Arom pose la question de la nature des éléments musicaux utilisées p
 our "habiller" le modèle et le rendre vivant au cours d'une performance. À 
 l'aide d'exemples de la polyphonie vocale des Aka de Centrafrique, ma contr
 ibution interrogera différents niveaux de modèles, ainisi que les procédés 
 qui permettent de créer des parcours variables à travers le matériel musica
 l de base.<br /><br /> <strong>Comment mémorise-t-on un rythme ? </strong><
 br /><br /> <strong>Le cas du calypso comme genre rythmique, à Trinidad et 
 Tobago.</strong><br /><br /> <i>Aurélie Helmlinger</i><br /><br /> Ce trava
 il s’interrogera sur l’application de la notion de modèle, proposée par Sim
 ha Arom, dans le contexte de grande plasticité formelle et instrumentale ob
 servée à Trinidad et Tobago. Les sociétés créoles post-esclavagistes semble
 nt en effet caractérisées par leur créativité musicale et leur dynamisme st
 ylistique, et le calypso (comme genre rythmique), témoigne de cette variabi
 lité formelle. Un modèle peut-il se dégager de toutes ces occurrences ? Mal
 gré cette souplesse, ce rythme est suffisamment normé pour avoir un rôle ce
 ntral dans les processus d’appropriation du répertoire : en steelband, des 
 pièces étrangères sont fréquemment adaptées par leur interprétation en caly
 pso. Le contexte de compétions musicales pousse aussi à la formalisation, e
 t les musiciens interrogés sur une définition du calypso sont volontiers en
 clins à dégager des principes d’identité rythmique. Mais les critères chois
 is réduisent en réalité le rythme calypso à quelques traits finalement en d
 eçà de la réalité musicale.<br /><br /> On s’interrogera sur la question de
  la modélisation rythmique dans le cas du rythme calypso, en tenant compte 
 des recherches en sciences cognitives montrant l’importance statistique dan
 s la cognition humaine.<br /><br /> <strong>Musique et mémoire chez les Maa
 le du Sud-ouest éthiopien : </strong><br /><br /> <strong>entre savoir coll
 ectif et individuel</strong><br /><br /> <i>Hugo Ferran</i><br /><br /> Cet
 te présentation examinera comment les Maale du Sud-ouest éthiopien apprenne
 nt, mémorisent et conceptualisent les pièces contrapuntiques de leur répert
 oire. Il ressortira que les enfants commencent par écouter, observer et mém
 oriser les variantes de la partie qu’ils souhaitent réaliser. Tout apprenti
  musicien se crée ainsi un "stock" individuel de variantes dans lequel il p
 uisera librement lorsqu’il sera amené à exécuter la partie en question. Par
  souci d’économie, l’esprit va progressivement synthétiser les variantes mé
 morisées en un modèle plurivocal qui, non seulement contient toutes les var
 iantes connues de la partie, mais permet aussi de générer des variantes enc
 ore jamais entendues. Contrairement aux phénomènes observés en Centrafrique
 , le contrepoint maale ne procède pas d’une épure par partie constitutive. 
 Chacune d’elles est sous-tendue par un modèle plurivocal qui laisse aux mus
 iciens la possibilité de choisir entre plusieurs parcours mélodico-rythmiqu
 es. Si ce type de modèle semble relever d’un savoir partagé collectivement,
  il s’agira de savoir comment celui-ci est réalisé individuellement.<br /><
 br /> <strong>Modèle, mémoire, identification : </strong><br /><br /> <stro
 ng>étude comparée des répertoires de harpe nzakara et de cithare malgache</
 strong><br /><br /> <i>Marc Chemillier</i><br /><br /> Le modèle dans la co
 nception aromienne, version épurée d'une pièce qui suffit à l'identifier, p
 ossède deux caractéristiques essentielles. D'une part, il est réduit par ra
 pport aux données musicales qu'il modélise, d'autre part il est unique pour
  une pièce donnée.<br /><br /> On propose comme hypothèse que la première c
 aractéristique est universelle alors que la seconde est dépendante du conte
 xte culturel. En effet, l'aspect réducteur du modèle est sans doute lié au 
 fonctionnement de la mémoire. On montera l'exemple d'un air malgache qui es
 t mémorisé par les musiciens avec différents niveaux de réduction selon que
  l'on est proche de sa source (Tananarive) ou plus éloigné (Sud du pays). E
 n revanche, l'unicité du modèle ne semble pas être une propriété cognitive 
 universelle, mais plutôt une conséquence de l'usage qui est fait de la musi
 que dans un contexte social donné. Chez les citharistes malgaches, chaque p
 ièce comporte plusieurs modèles, qui sont des variantes simplifiées interch
 angeables et suffisantes en elles-mêmes pour identifier la pièce. Chez les 
 Nzakara d'Afrique centrale, au contraire, le modèle d'une pièce est unique 
 parce que chacune d'elles avait une fonction bien définie dans le contexte 
 des anciennes cours Bandia. On peut imaginer que le rôle social attribué à 
 chaque pièce crée un mécanisme de renforcement analogue au mécanisme de réd
 uction de la mémoire dans le sens où les variantes inutiles se trouvent pro
 gressivement éliminées au profit d'un modèle unique qui suffit à remplir le
  rôle que doit jouer la pièce au sein de la société.<br /><br /> <strong>Av
 ec l’aide du Saint Esprit. La mémoire « révélée » du chant en langues des m
 ouvements charismatiques catholiques</strong><br /><br /> <i>Olivier Tourny
 </i><br /><br /> Après le Concile Vatican 2, les couvents et paroisses cath
 oliques du monde se sont trouvées face à un challenge extraordinaire et à u
 ne angoisse profonde : chanter comme elles veulent et dans la langue qu’ell
 es veulent. Vous vouliez la liberté ? Débrouillez vous avec elle... Et chac
 un à bidouiller musicalement dans son coin ; avec plus ou moins de bonheur.
 <br /><br /> Au sein de ces « laboratoires » a émergé un courant, finalemen
 t adoubé par l’Église de Rome, celui des Charismatiques. Il est difficile d
 ’identifier les origines et les sources de ce(s) mouvements(s), tant les in
 fluences sont grandes, bien que l’on sache à présent qu’il est (était) une 
 proposition de réaction et de réponse aux puissants courants évangélistes d
 ’outre-Atlantique. Une histoire à écrire donc, mais dont l’une des manifest
 ations les plus inédites est à l’évidence la glossolalie, ou chant en langu
 es.<br /><br /> Le chant en langues est une résurgence – une volonté de ren
 aissance – de l’expérience de la Pentecôte, où suite à la résurrection du C
 hrist, les Apôtres reçoivent la grâce de l’Esprit Saint de porter la Bonne 
 Parole en toutes langues. De nos jours, lors d’offices ou de temps de prièr
 es, un temps est laissé aux mouvements charismatiques de renouer avec cette
  expérience en priant et en chantant en langues. Se pose alors la question 
 suivante : en quoi une louange collective révélée par l’Esprit Saint, spont
 anée et improvisée, serait-elle porteuse de mémoire ? Ces interrogations se
 ront éclairées à la lumière de données ethnographiques collectées à Rome.
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