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CATEGORIES:Séminaire du GERM
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SUMMARY:Les interprètes des langues mayas dans les tribunaux (période coloniale et actuelle) par Caroline Cunill (EHESS) et Coralie Morand (EREA/LESC)
LOCATION:Centre Malher - 9\, rue Malher\, salle rdj 1\, Paris\, \, 75004\, 
DESCRIPTION:Cette séance sera consacrée au rôle joué par les interprètes des langues ma
 yas dans les tribunaux du Yucatan pendant la période coloniale et du Guatem
 ala à la fin du XXe siècle.   \nLa place des interprètes indiens dans les t
 ribunaux de l'Empire espagnol: étude du procès contre l'interprète maya don
  Hernando Uz dans le Yucatán du XVIIe siècle, Caroline Cunill (maître de co
 nférence, EHESS)\nEn 1610, l'interprète maya don Hernando Uz fut accusé d'e
 ncourager une révolte contre le gouverneur de Tekax don Pedro Xiu. Les prin
 cipales charges contre don Hernando furent centrées sur le rôle qu'il joua 
 dans la traduction d'une série de plaintes contre don Pedro Xiu un an avant
  la supposée révolte. L'analyse du procès permet de mettre en évidence l'ex
 istence de trois types d'interprètes qui offraient leurs services de médiat
 ion linguistique et culturelle dans l'Empire hispanique: les Interprètes Gé
 néraux nommés officiellement par les autorités coloniales, les interprètes 
 "personnels" des fonctionnaires espagnols et les interprètes qui travaillai
 ent informellement pour les Indiens dans leurs batailles légales. Je montre
 rai que, malgré l'interdiction royale, les interprètes apportaient souvent 
 des conseils juridiques aux parties et que la confiance envers la supposée 
 "fidélité" de l'interprète façonnait la place qui était donnée à ces profes
 sionnels au sein des tribunaux coloniaux. \nTraduction et transcription en 
 contexte judicaire. Réflexions à partir d’un témoignage dans le cadre du pr
 ocès pour génocide contre le peuple maya ixil (Guatemala) (docteure, EREA/L
 ESC)\nEn 2013, l’ex chef d’État de facto Efraín Ríos Montt était sur le ban
 c des accusés d’un tribunal guatémaltèque, procès au cours duquel les juges
  devaient déterminer son éventuelle responsabilité dans la perpétration d’a
 ctes de génocide et de crimes contre des droits de l’Homme à l’encontre du 
 peuple maya ixil au début des années 1980. La majeure partie des témoins et
  victimes appelés à témoigner à la barre étaient monolingues ixil et nécess
 itaient donc l’intervention d’un ou une interprète. Ces témoignages ont ens
 uite été retranscrits par le greffier lors de l’audience. Après l’édiction 
 de la sentence, et malgré son annulation par la Cour Constitutionnelle, les
  épreuves du procès ont été publiées par une des associations partie civile
  au procès, le CALDH (Centro de Acción Legal en Derechos Humanos). L’ouvrag
 e a ensuite été distribué gratuitement aux participants au procès, aux comm
 unautés et aux défenseurs des droits de l’Homme et est donc devenu représen
 tatif de la voix des témoins des massacres de masse commis pendant la pério
 de contre-insurrectionnelle.\nLa diffusion de cette parole traduite et tran
 scrite fait surgir des interrogations quant à la valeur du témoignage face 
 à un tribunal, dans un contexte bilingue. Cette présentation sera donc l’oc
 casion d’étudier, par l’exemple, le parcours d’hybridation d’un témoignage 
 effectué en langue, par une femme ixil de Nebaj, victime du conflit armé. L
 es matériaux présentés sont issus de plusieurs sources qui permettent d’ana
 lyser le parcours et les nécessaires modifications de ce récit. À partir d’
 un montage vidéo effectué par une maison de production spécialiste de la dé
 fense des droits de l’Homme, nous nous intéresserons au témoignage de Cecil
 ia Baca Gallego tel que déposé en ixil (shorturl.at/horJ8). Il sera confron
 té à la traduction, en direct, réalisée par l’interprète, et aux épreuves d
 u procès publiés par CALDH. Ainsi, partant du cas particulier du contexte j
 udiciaire, cette présentation soulèvera des questionnements quant aux choix
  indispensables à toute entreprise de traduction et de transcription, prémi
 sses à une étude de plus grande ampleur de ces questions.\nPhoto : Affiche 
 de l'AJR Ixil exposée en février 2018, lors de journées d'audience du procè
 s pour génocide à Nebaj (El Quiché, Guatemala)\n
X-ALT-DESC;FMTTYPE=text/html:<p><img src="https://www.lesc-cnrs.fr/images/IMG_6152.jpeg" width="300" hei
 ght="200" alt="Affiche de l'AJR Ixil exposée en février 2018, lors de journ
 ées d'audience du procès pour génocide à Nebaj (El Quiché, Guatemala)" styl
 e="margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; float: left;" />Cette séance se
 ra consacrée au&nbsp;rôle joué par les interprètes des langues mayas dans l
 es tribunaux du Yucatan pendant la période coloniale et du Guatemala à la f
 in du XXe siècle.&nbsp; &nbsp;</p><p><strong>La place des interprètes indie
 ns dans les tribunaux de l'Empire espagnol: étude du procès contre l'interp
 rète maya don Hernando Uz dans le Yucat</strong><strong>án du XVIIe siècle,
  Caroline Cunill (maître de conférence, EHESS)</strong></p><p>En 1610, l'in
 terprète maya don Hernando Uz fut accusé d'encourager une révolte contre le
  gouverneur de Tekax don Pedro Xiu. Les principales charges contre don Hern
 ando furent centrées sur le rôle qu'il joua dans la traduction d'une série 
 de plaintes contre don Pedro Xiu un an avant la supposée révolte. L'analyse
  du procès permet de mettre en évidence l'existence de trois types d'interp
 rètes qui offraient leurs services de médiation linguistique et culturelle 
 dans l'Empire hispanique: les Interprètes Généraux nommés officiellement pa
 r les autorités coloniales, les interprètes "personnels" des fonctionnaires
  espagnols et les interprètes qui travaillaient informellement pour les Ind
 iens dans leurs batailles légales. Je montrerai que, malgré l'interdiction 
 royale, les interprètes apportaient souvent des conseils juridiques aux par
 ties et que la confiance envers la supposée "fidélité" de l'interprète faço
 nnait la place qui était donnée à ces professionnels au sein des tribunaux 
 coloniaux.&nbsp;</p><p><strong>Traduction et transcription en contexte judi
 caire.&nbsp;</strong><strong>Réflexions à partir d’un témoignage dans le ca
 dre du procès pour génocide contre le peuple maya ixil (Guatemala) (docteur
 e, EREA/LESC)</strong></p><p>En 2013, l’ex chef d’État <em>de facto</em> Ef
 raín Ríos Montt était sur le banc des accusés d’un tribunal guatémaltèque, 
 procès au cours duquel les juges devaient déterminer son éventuelle respons
 abilité dans la perpétration d’actes de génocide et de crimes contre des dr
 oits de l’Homme à l’encontre du peuple maya ixil au début des années 1980. 
 La majeure partie des témoins et victimes appelés à témoigner à la barre ét
 aient monolingues ixil et nécessitaient donc l’intervention d’un ou une int
 erprète. Ces témoignages ont ensuite été retranscrits par le greffier lors 
 de l’audience. Après l’édiction de la sentence, et malgré son annulation pa
 r la Cour Constitutionnelle, les épreuves du procès ont été publiées par un
 e des associations partie civile au procès, le CALDH (<em>Centro de Acción 
 Legal en Derechos Humanos</em>). L’ouvrage a ensuite été distribué gratuite
 ment aux participants au procès, aux communautés et aux défenseurs des droi
 ts de l’Homme et est donc devenu représentatif de la voix des témoins des m
 assacres de masse commis pendant la période contre-insurrectionnelle.</p><p
 >La diffusion de cette parole traduite et transcrite fait surgir des interr
 ogations quant à la valeur du témoignage face à un tribunal, dans un contex
 te bilingue. Cette présentation sera donc l’occasion d’étudier, par l’exemp
 le, le parcours d’hybridation d’un témoignage effectué en langue, par une f
 emme ixil de Nebaj, victime du conflit armé. Les matériaux présentés sont i
 ssus de plusieurs sources qui permettent d’analyser le parcours et les néce
 ssaires modifications de ce récit. À partir d’un montage vidéo effectué par
  une maison de production spécialiste de la défense des droits de l’Homme, 
 nous nous intéresserons au témoignage de Cecilia Baca Gallego tel que dépos
 é en ixil (shorturl.at/horJ8). Il sera confronté à la traduction, en direct
 , réalisée par l’interprète, et aux épreuves du procès publiés par CALDH. A
 insi, partant du cas particulier du contexte judiciaire, cette présentation
  soulèvera des questionnements quant aux choix indispensables à toute entre
 prise de traduction et de transcription, prémisses à une étude de plus gran
 de ampleur de ces questions.</p><p><span style="font-size: 10pt;">Photo :&n
 bsp;Affiche de l'AJR Ixil exposée en février 2018, lors de journées d'audie
 nce du procès pour génocide à Nebaj (El Quiché, Guatemala)</span></p>
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