Cette rubrique donne un aperçu des publications récentes des chercheurs du LESC. Des listes plus exhaustives peuvent êtres trouvées sur les pages individuelles des membres.

 

Faut-il débrancher l'ethnomusicologie ?

À propos de Jean-Loup Amselle, L’Occident connaît la musique. Musiques du monde et ethnomusicologie, Sesto San Giovanni, Mimésis, 2024 (« Anthropologie » 8).

Avant-goût

Dans son livre L’Occident connaît la musique, Jean-Loup Amselle rassemble plusieurs textes qu’il a écrits au fil du temps, avec la volonté annoncée de critiquer le « point de vue occidental » (p. 28) sur la musique. L’auteur entend s’attaquer à ce qu’il identifie comme étant l’artisane originelle de ce travail de distanciation : une discipline qu’il qualifie de « révolue » (p. 63), à savoir l’ethnomusicologie. Selon lui en effet, ce serait « la grande faiblesse de l’ethnomusicologie – comme d’ailleurs de l’anthropologie, qui pâtit des mêmes présupposés – » que d’avoir isolé les musiques « d’un environnement qui leur donne sens » (p. 85). Cette séparation aurait permis ensuite la récupération de ces musiques par des producteurs et des agents artistiques, des institutions culturelles, des compositeurs et des musiciens qui, tous, appartiendraient à un segment de marché fondé sur une idéologie du « métissage » musical. Ainsi auraient émergé des labels commerciaux, tels que « musiques du monde », « musiques métisses » ou « world music », dénominations qui « toutes renvoient a priori à la construction d’une altérité essentialisée, d’un dehors musical, d’une extériorité proclamée avec la musique occidentale savante, écrite » (p. 56).

Jean-Loup Amselle revendique une position d’anthropologue couplée à une « méconnaissance de la musique » (p. 63), laquelle serait en l’occurrence productive. Il revient sur des expériences dont il a été le témoin ou auxquelles il a participé, et livre aussi ses réflexions personnelles sur la musique qu’il aime et connaît. Son ouvrage interpelle forcément celles et ceux menant leurs recherches sous la bannière de cette « ethnomusicologie » qu’il voudrait voir disparaître. Il intéressera également les musiciens et musiciennes inspirés par des musiques qui leur sont étrangères au départ, mais dont ils et elles pensent qu’elles se rattachent à d’autres groupes humains.

[…] fallait-il répondre à un livre présenté comme étant un pamphlet, plutôt qu’une analyse précise (et qui de fait, on le verra, ne s’encombre pas d’une grande rigueur d’écriture) ? Fallait-il prendre la défense d’un domaine de recherche que nous connaissons et pratiquons, mais qui est à ce point différent de celui que l’auteur critique ? Probablement pas. D’un autre côté, l’ouvrage soulève des questions légitimes. Celles-ci ne sont guère nouvelles pour les ethnomusicologues, mais un regard extérieur invite toujours au décentrement. D’ailleurs, vingt-deux ans après la publication du numéro thématique Musique et anthropologie par la revue L’Homme (Lortat-Jacob & Rovsing Olsen 2004), l’ethnomusicologie doit-elle encore faire discipline à part ?

Offers That Cannot Be Refused: An anthropology of extortion

What makes an offer impossible to refuse? Combining original ethnography with compelling storytelling, this book traces the social life of extortion across Bangladesh, Bolivia, Brazil, China, Ecuador, Guatemala, India, Italy, Nigeria, Pakistan, South Africa, Sri Lanka and the United Kingdom. The research is grounded in collaborative and comparative ethnography conducted by a team of anthropologists, bringing together fieldwork from across the world to reveal how extortive logics shape different domains of life, following the circulation of threats and the distribution of intimidation across society. The result is a gripping read about the ordinariness of extortion beyond conventional organised crime and mafia spheres. The chapters document how the strength of extortion lies in the gradual and complicit inclusion of individuals and populations within relationships that are simultaneously attractive and violent – capturing the overlapping dimensions of compulsion and choice that define so many of today's livelihoods. In doing so, this book illustrates the dynamics of coercion, force and consent, and offers a fresh perspective on economic violence that moves away from exclusive legalistic definitions of extortion.

FloriLESC – Anne-Marie Peatrik, par Muriel Champy

Cette contribution à FloriLESC s'appuie – comme y invite l'argumentaire de la rubrique – sur deux photographies, prises par Anne-Marie Peatrik en 1988 et 1993, et publiées dans sa monographie La vie à pas contés (Nanterre, Société d'ethnologie, 1999).

Elle est composée de deux articles :

God in the Machine. The Ganesh Yourself Experiment

A teleoperated robot roaming in the streets of Mumbai enables anyone to put oneself in the place of the Hindu god Ganesha and have a conversation. Initially conceived as an anthropological experiment, the machine was launched in 2014 and became a collective, political and metaphysical experience. Can a machine make a good divine interface? Likewise, what might be the virtues of hacking a god to understand our relation to machines? The Ganesh Yourself experiment is not only a fascinating exercise in anthropology by design, the first of this kind, but it also leads to a radical deconstruction of religion, politics and technology, opening unthinkable possibilities.

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