
La thèse de Louis Bidou, intitulée L'odyssée lithium, interroge le phénomène lithium comme acteur-réseau critique dans les reconfigurations en cours de notre rapport à la terre, à la technologie et au corps psychique.
Le lithium est un élément polymorphe et un composant central des batteries de nouvelle génération nécessaires aux transports « bas carbone » et aux nouvelles technologies de l'information et de la communication. C'est aussi un médicament psychotrope utilisé en psychiatrie depuis le XIXème siècle pour traiter la bipolarité. La quête du lithium au nom de transports décarbonés crée de nouveaux conflits écologiques, catalysant les questions d’extractivisme, de souveraineté économique, de relocalisation industrielle, de promesse de transitions vertes, de résistances locales et de luttes écologiques.
Basée sur une approche multisite et transdisciplinaire, cette recherche multimodale explore à travers les matériaux, le son et l'image, les modes d’existence du lithium, les niveaux expériences hétérogènes de cette substance.
Louis Bidou est diplomé du DIU ArteC+ de recherche création (2023), du master Cinéma Documentaire et Anthropologie Visuelle (Nanterre, 2022) et d'un master d'entrepreneuriat et gestion de projet (GEM, 2011).
En tant que cinéaste, il a réalisé quatre moyens et longs métrages documentaires (site internet: www.confluenceshumaines.com).
Nacemos de la tierra (Bolivie, 2023, 43’). Programmation en cours : UNESCO, Maison d'Amérique Latine, Cycle du cinéma Bolivien - Institut Cervantes, Pico Palo, Les écrits d'Eymoutiers, EREA, MSH Mondes Nanterre.
Forêt en résistance (2022, 46’). Programmation : Fredd Toulouse, Zad-envies, Echos du Doc, Résistances Festival.
Ceux qui voulaient guérir (documentaire, 2019, 86’). Programmation : 12 Month film festival, Di terra e di cielo, Esoteric international film festival. Diffusion : INRESS TV (France) UAMTV (Italie).
La voix des Tatuyos (documentaire, 2016, 52’). Programmation : Le Grand bivouac Albertville, Festival International du film écologique et sociale de Cannes, Ciné-Latino Toulouse, Pico y pala, Ethnographilm (Paris), Ethno-ciné Montpellier. Film inscrit à la Société Française d’Anthropologie Visuelle (SFAV).
De 2011 à 2021, Louis Bidou a travaillé au sein de divers projets de recherche-action dans le domaine de la microfinance (Ghana, Kenya, Senegal) de dispositifs de suivi sanitaire (Burkina Faso) et du sans-abrisme (France).
Louis Bidou is currently working on his thesis "Lithium odyssey" an anthropological research questioning the lithium phenomenon as a critical actor-network in the ongoing reconfigurations of our relationship to the earth, technology, and psychic body.
Lithium is a polymorphic mineral and a central component of the new-generation batteries needed for "low-carbon" transport and new information and communication technologies. It is also a psychotropic drug used in psychiatry since the 19th century to treat bipolarity.
The quest for lithium in the name of decarbonized transport is creating new ecological conflicts, catalyzing issues of exctractivism, economic sovereignty, industrial relocation, the promise of green transitions, local resistance and "dismantling" strategies.
Based on a multi-site and transdisciplinary approach, this multimodal research explores through materials, sound and image the human heterogenous experience of the mineral.
As filmmaker, he has directed four medium- and feature-length documentaries. His latest project, "Nacemos de la tierra", shot with Kallawaya healers from the Bolivian Altiplano, will be released in November 2023. https://www.confluenceshumaines.com/nacemosdelatierra
Louis has also worked on the development of various research-action projects : in Africa on the development of new technological solutions in the microfinance sector (Oxus Network, Baobab Microfinance) and health monitoring systems for children aged 0-5 (Djantoli), and in France in collaboration with the city of Paris and the Samu Social for "L'abri Cocoon" shelter for homeless people.
Membre du comité exécutif de la revue Les temps qui restent
2025-2026 : « Initation à la pratique filmique » M2, 25h de TD, Master Science du Langage, Université Paris Cité
2025-2026 : « Transition énergétique, métaux critiques et extractivisme », charge de 1,5 heure de cours magistral, 1,5 de TD, Enseignement Humanités pédologiques, Master 2 Gestion des Sols et Services Ecosystémiques (GSSE), AgroParisTech
2024-2025 : « Anthropologie générale » M2, 2h de cours magistral, Département d'Anthropologie de l'Université Paris Nanterre
2024-2025 : « New energy, new ressources ? », charge de 1,5 heure de cours magistral, 1,5 de TD, Enseignement Humanités pédologiques, Master 2 Gestion des Sols et Services Ecosystémiques (GSSE), AgroParisTech
2023-2024 : Histoire de l'anthropologie L1, 48h de TD, Département d'Anthropologie de l'Université Paris Nanterre
Le fameux tableau de Mendeleïev nous apprend depuis longtemps que le lithium est l’un des composants chimiques fondamentaux. Mais le lithium est aussi un marqueur géologique, l’élément de « la transition écologique » ou encore un psychotrope régulant nos humeurs. Tout dépend des corps dans lesquels il est pris : les roches, les batteries électriques, les cerveaux. Or son action sur ces trois corps n’est jamais neutre, elle dépend de dispositifs techniques et socio-politiques déterminés par des intérêts spécifiques. Le lithium n’existe pas en soi comme élément clé d’un futur écologique ou vecteur de désinhibition de l’extractivisme du capitalisme vert, il devient potentiellement ainsi par l’intermédiaire d’alliances stratégiques à l’intérieur de rapports de force. Comment et pourquoi appréhender les phénomènes et dispositifs qui accompagnent l’émergence du lithium dans notre monde ? Les récits dominants, « rédigés et contrôlés davantage par des praticiens que des historiens », comme le montre Pierre Teissier dans son étude critique de l’histoire du lithium, présentent le lithium dans une conception « phasiste » de l’histoire des techniques. Après l’âge du charbon puis du pétrole, arriverait l’âge du lithium, « l’or blanc du xxie » siècle, à l’ère des sociétés de l’information basée sur les énergies renouvelables. Notre intention est de présenter le lithium en rompant résolument avec ce cadre d’analyse phasiste, largement démenti par les travaux d’historiens et d’historiennes qui montrent au contraire que l’évolution des techniques est à comprendre dans une histoire non de phases et d’âges, mais d’empilement, de stratification et de symbioses. Les sciences humaines ont un rôle essentiel à jouer dans la compréhension de ce que les récits dominants appellent les « transitions » contemporaines. Trop souvent, ces questions sont réservées aux approches scientifiques, techniques, économiques, ou bien traitées uniquement du point de vue des politiques publiques. On y sépare, d’un côté, les disciplines qui s’occupent de la réalité (physique, chimique) et, de l’autre, celles qui s’interrogent sur les meilleurs usages qu’on peut en faire. Le type d’éclairage que les sciences humaines peuvent apporter sur ces phénomènes est de ce fait systématiquement dévalué ou mal compris. Le lithium en est une excellente illustration. Les sciences humaines et sociales ne parleraient pas du lithium - cela, seule la physique, ou la technologie, pourrait le faire - mais des manières humaines de s’en emparer. Notre pari est de montrer qu’elles parlent bien en fait du lithium. En diversifiant les perspectives sur le lithium et en mobilisant des disciplines moins attendues dans les discussions sur un élément de la table de Mendeleïev, l’apport de ce dossier consiste à ouvrir le spectre des expériences hétérogènes que nous en faisons. Le dossier « L’âge du lithium ? », proposé et coordonné par Louis Bidou, rassemble dans cet objectif les points de vue de l’anthropologie, de la philosophie, de la géographie, de l’histoire et du cinéma. Les enquêtes, documents et essais présentés proposent de suivre le lithium, à travers les dispositifs dans lesquels il trouve ses puissances d’agir, comme un marqueur du temps présent. Il n’est pas sûr que notre âge soit celui du lithium. Mais il est certain que la définition du lithium est une question politique de part en part. Il est urgent de s’en mêler.
À la frontière entre le documentaire et la fable, le film de Pauline Julier et Clément Postec Follow the Water explore le désert d’Atacama, au Chili. C’est là, aux abords des salars de lithium, que des scientifiques entraînent leurs rovers pour explorer la planète Mars, et que des groupes autochtones se battent pour le droit d’accès à l’eau… La question se pose donc : que révèle cette quête de traces de vie sur d’autres planètes quant à notre propre manière d’habiter la Terre ? Entretien entre la cinéaste Pauline Julier et l'anthropologue Louis Bidou
D’après le tableau de Mendeleïev, le lithium est un composant chimique. Mais il est aussi « la transition écologique ». Et aussi, on ne le sait pas assez, un – voire « le » – remède à la bipolarité. Tout dépend des corps dans lesquels il est pris : les roches, les batteries électriques, les cerveaux. Ces corps, ce sont aussi des dispositifs, des agencements : ils se font et se défont. Dans cet article, qui est aussi l’introduction du dossier « L’Âge du lithium ? », l’anthropologue et cinéaste Louis Bidou montre qu’on ne gagne rien à supposer qu’il y a, d’un côté, la réalité physique (le vrai lithium) et, de l’autre, ses usages. À chaque fois ce qu’est le lithium est en jeu – et en acte. Il n’est pas sûr que notre âge soit celui du lithium. Mais il est certain que la définition du lithium est une question politique de part en part. Il est urgent de s’en mêler.
Cet article explore l’évolution des IA génératives d’images à travers leur difficulté à créer des représentations précises de mains humaines. Ces imperfections ont inspiré des réactions variées parmi les utilisateurs : humour, parodies, réflexions sur la fiabilité des images générées, et même comparaisons avec les expériences de rêves lucides. Si les dysmorphies des mains de l’IA révèlent des limites techniques et des défis dans la communication humain-machine, elles interrogent en définitive la perception propre aux IA et leur potentiel à redéfinir les normes de vraisemblance et de créativité.
Une dizaine d’années après les premières destructions infligées par « l’opération César » à la forêt de Rohanne en vue de la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, Louis Bidou retourne sur les lieux, muni d’une caméra. Accompagné par quelques membres du collectif Abrakadabois issu de la ZAD, il raconte l’histoire de la forêt, en mots et en images, à travers la « biographie » de trois individus-arbres, un pin Sitka, un chêne rouge d’Amérique et un pin Douglas, explorant ainsi la possibilité de nouveaux agencements du rapport unissant humains et non-humains.
In his talk "Development of resources from the Échassières deposit: extractive recompositions around French lithium," Louis Bidou examines the contemporary reactivation of the Échassières lithium deposit in central France within the broader push for a domestic lithium supply in the context of global energy transitions. His intervention engages with the concept of resource-making—the technical, political, and institutional processes through which natural substances are transformed into extractable and valuable resources. On October 22, 2022, the company Imerys announced its EMILI project (Exploitation de MIca Lithinifère par Imerys), aiming to open a lithium mine in the Beauvoir granite, in the village of Échassières (Allier), on a site where kaolin extraction has been ongoing since the company acquired the quarry in 2005. Scheduled to start production in 2028, the mine is expected to deliver 34,000 tonnes of lithium hydroxide annually for 25 to 50 years—the equivalent of 700,000 electric vehicles equipped with lithium-ion batteries. If completed, EMILI would be the first operating mine on the French mainland since the closure of the Houve coal mine in 2004. It signals the emergence of a new mining revival in France, which combines the reindustrialization and sovereignty agenda (already visible in the Montebourg "mining revival" of the 2010s) with the contemporary decarbonization and energy transition agenda. At the heart of the national strategy to establish an electric battery industry, the project has received strong political backing: declared of major national interest by the French government on July 7, 2024 (prior to the conclusion of the public debate organized by the CNDP), and selected on March 24, 2025, as one of the 47 projects on the EU’s official list of energy transition priorities, granting it both European financial support and expedited authorization procedures. Drawing on ethnographic fieldwork and interviews with key actors, Louis Bidou proposes to rethink the framing of EMILI as a "modern mine" breaking with "the mines of the past and elsewhere." Instead, his analysis highlights the interconnections between historical, geological, and territorial strata through which the project becomes intelligible and contested.
RT38 « Sociologie de l’environnement et des risques » : La dimension soustractive des rapports à l’environnement Axe 1. Les politiques du faire "(avec) moins" Limiter les besoins en lithium ? Le débat sur la sobriété dans le cadre des politiques de relance minière Le lithium est un métal clé de la transition énergétique, aujourd’hui indispensable pour l’électrification de la mobilité et d’autres secteurs de production. A travers des multiples régulations européennes (Critical Raw Materials Act) et nationales (plan d’investissement France 2030, stratégie nationale Batterie, etc), l’Etat français a affirmé sa volonté de sécuriser la filière industrielle des batteries lithium-ion par l’extraction du lithium du sous-sol français. Le projet EMILI mené par la compagnie Imerys propose l’extraction minière de lithium du gisement de Beauvoir situé à Echassières dans le département de l’Allier. Entre mars et juillet 2024, le projet a fait l’objet d’un débat public mené par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) auquel ont participé le porteur du projet, les organismes publics concernés (DREAL, Préfecture de l’Allier, etc), des associations environnementalistes locales et nationales, des experts scientifiques et des citoyens. Le débat public national ainsi que d’autres instances de dialogue et d’expression qui ont suivi l’annonce publique du projet, ont porté sur les objectifs des politiques de transition énergétique. Plus précisément, l’argumentaire des différents acteurs contestant ou questionnant le projet extractif s’est principalement concentré sur la question des besoins en lithium, remettant en question l’adéquation directe entre extraction de lithium et transition écologique et pointant du doigt l’absence de mesures de sobriété dans les politiques de transition (réduction de la taille des voitures électriques, limitation de l’automobilité et de l’autosolisme, etc). « Notre objectif est de recentrer le débat sur la sobriété dans notre société "malade" de consommation. Cela passe par un état des lieux de nos besoins essentiels puis de l’aménagement de nos territoires, de la mobilité et donc de la place de la voiture », affirmaient dans le cadre du Débat public les associations France Nature Environnement 03 et Préservons la Forêt des Colettes. « Je ne pourrai pas me passer de ma voiture, donc il faudra bien trouver du lithium quelque part, on n’est plus au temps des charrettes », exprimait une habitante de Échassières lors de la réunion locale du Débat. Le débat a ainsi porté sur la question de la complémentarité ou opposition entre la sobriété énergétique et le développement de la mobilité électrique. Dans cette communication, nous souhaitons analyser l’utilisation de l’argument soustractif dans le débat sur la relance minière en France à partir du cas du projet de mine de lithium à Echassières. Nous mobiliserons pour cela la documentation et les enregistrements du débat public (compte rendu de la CNDP, avis et cahiers d’acteurs, enregistrements filmés des quinze réunions publiques, etc) ainsi que les données empiriques (entretiens semi directifs menés avec la population locale et les acteurs du territoire, observations participantes) produites dans le cadre de nos enquêtes ethnographiques respectives menées en 2023 et 2024. Quels acteurs portent la demande de sobriété et en faisant appel à quels arguments et à quels moyens de régulation ? Qui défend au contraire l’argument de l’inertie des modes de vie actuels et en faisant appel à quels arguments ? Que s’est-il joué dans cette confrontation entre ces différents discours lors du Débat public sur la mine de lithium ?
Dans le cadre de sa résidence de recherche création Lithia, portée par l’association Circulaire à Mulhouse, Marie Lechner convie des artistes, anthropologues, designers qui mènent l’enquête en France (dans l’Allier et en Alsace), au Portugal, en Espagne ou en République tchèque sur les traces de ce mystérieux métal au centre de toutes les convoitises.
Séance spéciale : la projection des documentaires Centre de soins multiculturel d’Amarete (2019, 12’) et Nacemos de la tierra (2023, 44’) de Louis Bidou et Aurélie Marques. En Bolivie, les Kallawaya sont renommés pour leur pharmacopée et leurs rituels de guérison. Les deux court-métrages présentés questionnent les transformations des pratiques de ces guérisseurs dont la cosmologie a été dès 2003 labélisée Patrimoine culturelle de l’humanité par l’Unesco. Centre de soins multiculturel d’Amarete présente le dispositif du centre de santé de ce petit village de la province de Bautista Saavedra (département de La Paz), avant-gardiste d'une politique de soin nationale, le programme Salud Familiar Comunitaria Intercultural (SAFCI) initié par le gouvernement Morales en 2011. Le SAFCI s’affiche comme « une nouvelle manière de ressentir, de penser, de comprendre et de faire de la santé » qui favorise la collaboration entre « le personnel de santé et les médecins traditionnels des nations paysannes autochtones et des peuples autochtones avec la personne, la famille, la communauté, la terre mère et le cosmos. » Le médecin généraliste et le dentiste côtoient l'herboriste, le spiritiste et la sage-femme kallawaya. Un patient peut être transféré d’un service à l’autre. Ces échanges prennent la forme d'un chassé-croisé entre deux mondes qui se côtoient sans parvenir véritablement à se rencontrer. Le film Nacemos de la tierra suit les trajectoires croisées du guérisseur Aurelio et de son beau-père Apolinar : alors que le premier soigne des patients occidentaux dans son village natal de Lunlaya, aux portes de l’altiplano, le second a choisi d’ouvrir un consultorio (cabinet) dans la capitale La Paz. Les deux guérisseurs ont construit leur renommée en contribuant à plusieurs ouvrages de l’anthropologue allemande Ina Rösing. De cette expérience, ils ont développé un point de vue singulier sur la place de l’écrit et la patrimonialisation.
Le lithium est non seulement au cœur de débats, de rêves et de luttes autour des nouvelles formes de stockage de l’électricité. Ses différentes utilisations et les projets de développement qui se déploient à propos de ses promesses sont emblématiques de nos ambivalences envers les infrastructures. Son cas permet d’observer des évolutions à la fois très concrètes et baignées d’imaginaires contradictoires.
As part of a thesis in anthropology following the trajectory of lithium in France, my current research focuses on the future sites identified for lithium extraction and on the various stakeholders mobilized and affected by its development as a resource. The prospect of opening a lithium mine in Echassières in Allier (the "EMILI" project led by the company Imerys), currently being debated as part of a public debate organized by the National Commission for Public Debate (CNDP), crystallizes the debates on the return of mining in the name of the energy transition. My attention is particularly focused on Imerys' presentation strategies of a "responsible" mine: underground mining, water recycling, burial of crushing and mining waste, underground mine pipeline, strategic insertion of sites into the landscape. These descriptions, which promise the advent of a modern mine that breaks with the mines of the past and elsewhere, are underpinned by a design of the invisible, a design of the mine developed so that "nothing is felt on the surface" in the words of the project leader. Faced with this problematic visibility regime, residents and environmental associations oppose a re-description of the project, motivated by the need to make visible and sensitive the elements of the territory affected by the mine: ecosystems, water resources, territorial attachments (tourism activities, rurality) and the blind spots of extraction (post-mining management, stigmata of the mining past, quantity and management of waste produced, extractive logic of the transition, ecological contradiction of the electric car, etc.). Based on an investigation into the new political and ecological front lines drawn by this mining project, I seek to develop through visual anthropology an ethnographic approach capable of making sensitive the role of these strategic invisibilisations in the challenges of territorial reconfigurations.