Clémence Jullien

 
Clémence Jullien
Chargée de recherche
Clémence Jullien
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Domaines de recherche

Inde
politiques de santé; santé reproductive; hôpitaux; genre

Parcours universitaire et professionnel

Clémence Jullien est docteure en ethnologie et chargée de recherche CNRS en anthropologie. Spécialiste de la santé reproductive, elle s’intéresse tout particulièrement aux dimensions sociales et aux implications politiques des programmes de santé maternelle à partir du cas indien. Outre ses contributions dans le domaine de la recherche, Clémence Jullien a enseigné dans divers établissements de l’enseignement supérieur français (Paris Sorbonne, Paris Cité, Paris Nanterre, EHESS), dans des institutions de santé (hôpitaux, CHU) ainsi qu’à l’étranger (Université de Zürich, Suisse).

Sa thèse, soutenue à l’université Paris Nanterre en 2016 a été récompensée par trois prix de thèse (La Chancellerie de Paris, AMADES, GIS Asie) et donné lieu à un ouvrage intitulé Du bidonville à l'hôpital. Nouveaux enjeux de la maternité au Rajasthan, publié aux Éditions de la FMSH en 2019.  La chercheuse y explique en quoi la santé de la reproduction constitue un sujet d'inquiétude grandissant en Inde. Outre les forts taux de mortalité maternelle et infantile - que le gouvernement central tente activement de juguler depuis 2005 -, l’Inde est confrontée à un important accroissement démographique, à une instrumentalisation politique des différences entre les taux de fertilité hindous et musulmans et à un problème de déséquilibre du sex-ratio infantile (919 filles pour 1000 garçons) qui persiste en dépit des législations interdisant l’avortement sélectif féminin. À partir d'une enquête de près d’un an et demi dans un hôpital public d’obstétrique et dans des bidonvilles de Jaipur (Rajasthan), elle montre que les décisions qui ont trait à la santé de la reproduction résultent de préconisations multiples faites d’aspirations individuelles, de résolutions familiales, de recommandations médicales et de normes nationales souvent divergentes et difficiles à concilier. L’ouvrage révèle en quoi les programmes de santé censés garantir l'accès gratuit aux soins obstétriques, renforcent les stéréotypes existants et tendent, paradoxalement, à rendre les bénéficiaires les plus vulnérables davantage conscients des inégalités socio-économiques.

Au cours de deux post-doctorats à l’Université de Zurich (d’abord au département d’anthropologie avec Johannes Quack, puis dans le cadre d’un projet du Fonds National Suisse à l’Institut d’études asiatiques et orientales avec Nicolas Martin), elle s’est intéressée à l’une des principales conséquences du déséquilibre du sex-ratio : la difficulté des hommes à trouver des épouses dans certaines régions du nord de l’Inde. L’objectif de cette nouvelle recherche était double : appréhender comment l’expérience du célibat contraint était vécue et comprendre dans quelle mesure la pénurie d’épouses incitait les hommes et leur famille à reconsidérer les normes habituelles du choix du conjoint en matière de classe sociale, d’appartenance de caste et de confession religieuse.

Depuis son recrutement comme chargée de recherche CNRS en 2020, Clémence Jullien continue de contribuer à l’anthropologie de la santé reproductive dans le cadre de divers projets collaboratifs portant sur la construction du devenir mère en période de Covid 19 (avec R. Jeffery), les enjeux idéologiques du Garbh Sanskar (avec L. Gentile) ou encore l’impact de l’expérience migratoire dans l’accès aux soins des femmes sud-asiatiques (projet WomenHealthAsu93).

 Membre de l’équipe de rédaction de la revue Terrain & co-responsable de la section « Muséo » pour le Blog de la revue, Carnet de terrain (depuis 2017)

Membre de l’équipe de rédaction de la revue Samaj (2021-2024) 

Membre élue du conseil de laboratoire au CESAH (2023-25)             
  • À l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, 84h (2014-16 ; 2022 ; 2023 ;2024 ; 2026)
- « Anthropologie politique de la santé. Les défis du nationalisme contemporain » séminaire M1 et M2 (24h) – avec F. Provost
- « Anthropologie de la santé en Asie », séminaire M1 et M2 (24h) – avec F. Provost
- « Anthropologie de la santé en Asie du Sud : politiques, institutions et pratiques », séminaire M1 et M2 (24h) – avec C. Guenzi et F. Provost
- « Sociologie des inégalités en Inde », séminaire M1 et M2 (24h)
- « Anthropologie de la santé », séminaire M1 et M2 (24h)
- « Écrire l’anthropologie », séminaire M1 et M2 (36h)
  • À l’Université Paris Cité, 24h (2024-2025)

- « Anthropologie politique du développement », CM, M2 (12h)

  • À l’Université Paris Sorbonne, 72h (2022 et 2023)

- « Socio-anthropologie du développement », CM, L3 (36h)
- « Socio-anthropologie du développement », TD, L3 (36h)

  • À l’université de Zurich (ISEK-UZH), en anglais, 126 h (2017-18)

- « Anthropologie médicale », licence
- « Anthropologie de la santé « maternelle : des sages-femmes traditionnelles aux nouvelles technologies de reproduction », licence
- « Séminaire régional : l’Asie du Sud », licence et master
- « Du terrain à l’écriture : considérations éthiques », licence
- « Introduction à l’ethnologie : Les Azande d’Evans-Pritchard », licence

  • À l’Université Paris Nanterre, 144h (2010-2011 ; 2013-2014)

Département de sociologie
- « Socio-anthropologie du monde contemporain », TD, L2 (24h)
- « Introduction à la sociologie générale », TD, L1 (48h)

Département d’ethnologie
- « Introduction à l’ethnologie », TD, L1 (48h)
- « Méthodologie : exercices ethnographiques », TD, L2 (24h)
Corrections de copies de partiels (une centaine de copies)

Jullien, C., 2019, Du bidonville à l’hôpital. Nouveaux enjeux de la maternité au Rajasthan (Paris, Éditions de la MSH).
Depuis les années 2000, la santé de la reproduction semble constituer un sujet d’inquiétude en Inde. Les taux de mortalité maternelle et infantile encore élevés discréditent l’image de superpuissance que l’État aime afficher, le déséquilibre du sex-ratio continue de se creuser et, malgré une importante baisse du taux de fécondité, le pays doit faire face à une population de plus d’un milliard trois cent millions d’habitants. À partir d’une enquête de terrain d’un an et demi dans un hôpital public et dans les bidonvilles de Jaipur, Clémence Jullien analyse les conséquences, pour les femmes et leur famille, des nouveaux programmes de santé : une prime financière incite les femmes à accoucher à l’hôpital plutôt qu’avec des accoucheuses traditionnelles et, depuis 2011, les soins obstétriques à l’hôpital sont devenus entièrement gratuits. Toutefois, ces programmes, censés garantir l’accès aux soins, rendent les bénéficiaires les plus vulnérables davantage conscients des inégalités socio-économiques qu’ils subissent, renforcent les stéréotypes existants et donnent au personnel hospitalier et aux membres d’ONG un pouvoir discrétionnaire. Tensions sociales (castes, classes) et religieuses se cristallisent autour de la maternité. D’autres enjeux cruciaux – discrimination à l’égard des petites filles, faible pouvoir décisionnel des femmes, recours limité à la contraception – surgissent alors, accentuant les différences au sein de la société indienne, sous couvert de progrès et au nom de l’intérêt de la nation.
Jullien, Clémence et Roger Jeffery (éds), 2021, Childbirth in South Asia: Old Challenges and New Paradoxes (Oxford, Oxford University Press).
This book illustrates the continuing challenges as well as the new paradoxes linked to childbirth in South Asia. It brings together anthropologists and sociologists working in different contexts (at the hospital, within the community) and in a variety of settings (rural, urban) in India, Nepal, Pakistan, and Bangladesh. While women in Western countries have pressed for more home deliveries, and for the mitigation of some of the effects of the male appropriation and over-medicalized experience of motherhood, most developing countries are promoting institutionalized deliveries and stigmatizing poor women who deliver at home. In addition, new information technologies are being pressed into service; for example, to identify high-risk mothers and to offer them advice through social media. Such an evolution is particularly salient in South Asia where childbirth has long been an issue, not only for the colonial government, which sometimes used women’s poor health to justify imperialist interests, but also for independent successor states, who have implemented decisive schemes within the last decade, after being long accused of neglecting women’s healthcare. Despite the increased attention being paid to maternal and child health, and the steady rise in institutional deliveries in South Asia, progress on reducing maternal and infant mortality has been slow and halting, with significant disparities across regions and social groups. Far from withering away, traditional birth attendants have seen a resurgence, in part due to the demeaning conditions offered to poor, low-caste, rural women in formal health settings. With this backdrop, the authors explore the ethical and social implications of the changes being introduced in the technologies and social arrangements of childbirth in South Asia.
Jullien, Clémence, Bertrand Lefebvre et Fabien Provost (éds), 2019, L’hôpital en Asie du Sud: politiques de santé, pratiques de soin (Paris, Éditions de l’EHESS) [Purusharta, 36].
Aujourd’hui en Inde, les problèmes de mortalité maternelle et infantile, les temps d’attente, le manque de personnel, etc., donnent l’impression que les établissements de santé se caractérisent uniquement par leurs dysfonctionnements. Les médias indiens qualifient ainsi les hôpitaux de « honte nationale ». En sciences sociales, les chercheurs ont particulièrement étudié ces dysfonctionnements : violence à l’égard des aidants, corruption, négligence médicale, pratiques discriminatoires. Ce recueil rend compte des formes de tension établies entre les patients défavorisés et les auxiliaires, infirmières et médecins des hôpitaux publics confrontés à des coupes budgétaires, à des situations de pénurie de personnel et de matériel. Partant d’une réflexion sur le fardeau bureaucratique des institutions hospitalières, sur les cultures professionnelles locales ou sur les inégalités sociales structurelles, ces chercheurs révèlent les formes de frustrations éprouvées par soignants et patients. Ils mettent ainsi en lumière un paradoxe : des institutions publiques censées garantir la santé de tous reproduisent des clivages sociaux. À l’inverse, des initiatives visant à mettre en place des politiques gratuites en matière de soins de santé et d’amélioration des hôpitaux sont menées en arrière-plan. Se concentrer sur les politiques de santé ou sur le système de valeurs mobilisé par les aidants permet de se rendre compte que le souci du bien-être des patients persiste malgré les difficultés évoquées.
Jullien, C. et M. Jeune, 2026, Dessine-moi un accouchement en Inde : Une thèse en une page, Revue interdisciplinaire sur l’Asie du Sud, 3 (1-2) : 71-82, en ligne : https://edition.uqam.ca/rias/article/view/3706.
Cette collaboration est née de la rencontre d’une anthropologue et d’un dessinateur désireux de donner à voir autrement les résultats d’une thèse sur les politiques périnatales au Rajasthan, en Inde. Cette recherche, condensée en une carte heuristique d’une page, est représentée par des dessins accompagnés de commentaires ou de dialogues humoristiques, souvent dérangeants mais toujours informatifs. Le texte qui l’accompagne (« La violence par l’humour : réflexivité et défis de représentations ») retrace les objectifs de cette contribution et analyse la portée heuristique de la caricature. Il traite notamment des défis épistémologiques liés aux modalités de représentation, tant dans le choix des registres culturels que dans la capacité de l’humour à transmettre la violence.
Gentile, L. et C. Jullien, 2025, Humilier pour soigner ? Violences structurelles et violences pragmatiques dans des maternités indiennes, Genèses. Sciences sociales et histoire, 138 : 37-58, en ligne : https://hal.science/hal-05515264.
Cet article examine le rôle des violences obstétricales à partir d’ethnographies hospitalières en Inde du Nord. Un premier enjeu consiste à rendre compte de la prégnance et de l’impact des techniques d’humiliation. Grâce au concept de « violence pragmatique », il s’agit également de montrer comment des actes maltraitants en viennent à être perçus comme nécessaires, voire légitimes en milieu médical. Cela permet de dépasser l’explication par les violences structurelles, nécessaire mais insuffisante selon nous.
Jullien, C., 2025, Baby Politics: Reproductive Governance in India, South Asia: Journal of South Asian Studies, 48 (6) : 1595-1606, en ligne : https://hal.science/hal-05515287.
Jullien, C. et L. Gentile, 2023, En quête du bébé idéal. Rouages du travail procréatif féminin en Inde du Nord, Revue interdisciplinaire sur l’Asie du Sud, 1 (1) : 52-71, en ligne : https://edition.uqam.ca/rias/article/view/2033.
En Inde, comme ailleurs, la volonté d’assurer la meilleure des naissances possibles se manifeste par une multitude de prescriptions qui visent à contrôler la corporéité féminine au cours de la grossesse. En vue d'analyser les diverses injonctions sociales propres à la maternité, l'article se centre sur les expériences des femmes à partir de deux recherches ethnographiques menées au Rajasthan et au Gujarat. À travers les concepts d'incorporation et de travail eugénique, l'article met en exergue la multitude de tâches accomplies par les futures mères en quête du bébé idéal, à savoir sain, masculin et clair de peau. L'importance accordée au pouvoir du regard et aux effets de l’alimentation, rend compte de la perméabilité des corps et incite les femmes enceintes à une étroite auto-surveillance. L’article montre également en quoi ces prescriptions prénatales sont plus contraignantes pour les femmes de milieux défavorisés, révélant ainsi les inégalités sociales intrinsèques au travail procréatif.
Jullien, C. et R. Jeffery, 2022, Becoming a Mother During COVID-19: Adjustments in Performing Motherhood, Medicine Anthropology Theory, 9 (2) : 1-28, en ligne : https://www.medanthrotheory.org/mat/article/view/5310/9752.
Based on online semi-structured interviews with middle-class women who were pregnant or had recently given birth in Western Europe (France, Spain, the United Kingdom, and Switzerland), this study analyses how motherhood has been experienced and performed during the COVID-19 pandemic. The article reflects on the specific new risk assessments and responsibilities that emerged during the pandemic by showing women’s coping strategies concerning lockdowns and other public health measures. Using a COVID-19 lens also allows a broader analysis of middle-class families’ concerns about performing ‘good motherhood’. By highlighting the discrepancies between women’s expected and actual experiences, the prescriptive aspects of pregnancy, delivery, and the postpartum phase are revealed and analysed, prompting us to consider parenting as a form of doing and proving. By underlining the importance attached to the expectant mother’s wellbeing, the partner’s involvement, the support of relatives, and the future socialisation of the baby, we argue that women face a myriad of imperatives to ensure a meaningful experience of motherhood.
Jullien, C., B. Lefebvre et F. Provost, 2019, Introduction, Purushartha, 36 [L’hôpital en Asie du Sud: politiques de santé, pratiques de soin] : 11-28.
Jullien, C., 2019, "Bien-être familial" : une notion illusoire ?L’envers de la rhétorique en milieu hospitalier indien, Purushartha, 36 [L’hôpital en Asie du Sud. Politiques de santé, pratiques de soin] : 57-79, en ligne : https://cnrs.hal.science/hal-04372462.
As part of a policy to reduce the birth rate, India went through a period of mass sterilization under the state of emergency in 1975-1977. Since then, Indian family-planning policies have abandoned these methods in favour of a so-called "family welfare" approach based on citizens’ free and informed choice. Given the political and economic challenges, but also the social and religious tensions underlying the Indian demographic issue, to what extent is this approach compatible with local reality? The issue of women’s fertility remains a sensitive one in India as it lies at the crossroads of social tensions (supposedly high fertility rates among the most disadvantaged), religious communalism (Hindu-Muslim differentials) and gender considerations (impact of son preference on fertility indices). Based on the ethnography of a public obstetrics hospital in Rajasthan, I explain why caregivers urge their patients to use birth control. By focusing on the discretionary power of physicians, I show that their practices are rather determined by nationalistic considerations than by concerns for the alleged individual freedom of their patients.
Jullien, C., 2017, Dealing with Impurities of Childbirth. Contemporary Reconfiguration of Disgust in India, Skepsi, en ligne : https://hal.parisnanterre.fr/hal-01632115.
no abstract
Jullien, C., 2017, ‘‘Alors, à qui la faute ?", L’Homme, 223-224 : 131-160, en ligne : https://journals.openedition.org/lhomme/30691.
Pour lutter contre la mortalité infantile, le gouvernement indien a rendu les soins obstétriques gratuits dans les années 2000. Avec l’instauration de ces politiques, le taux d’accouchement institutionnalisé a ainsi bondi de 38,7 % à 78,9 % au cours de ces dix dernières années. Pour autant, le personnel hospitalier devient-il dès lors responsable de l’état de santé des enfants à naître ? Situé à la croisée de l’anthropologie médicale et de la sociologie du risque, cet article rend compte d’un tournant sanitaire historique. Il interroge les conditions dans lesquelles des parents peuvent être tenus pour responsables du décès de leur enfant lorsqu’ils optent pour l’accouchement à l’hôpital comme on les y incite. Fondé sur l’ethnographie d’un hôpital public à Jaipur (Rajasthan), l’article met en lumière des contradictions inhérentes à ce changement et analyse les raisons pour lesquelles les soignants cherchent, coûte que coûte, à déjouer les potentielles accusations des familles et à se dédouaner de toute responsabilité. Si cette étude permet d'interroger la notion de responsabilité à partir d'une transformation profonde des pratiques obstétriques, elle permet aussi d’apporter un regard nouveau sur les imputations sociales et religieuses qui traversent la société indienne contemporaine. Plus largement, le cas indien invite à repenser les formes de corrélations entre les principes de l’État providence et la responsabilité individuelle.
Jullien, C., 2015, L’accouchement en Inde : une affaire d’État ?, Journal des anthropologues, 140-141 : 259-280, en ligne : https://journals.openedition.org/jda/6140.
Fondée sur un terrain ethnographique en milieu hospitalier à Jaipur, cette étude porte sur la biomédicalisation de la santé de la reproduction en Inde du Nord. L'objectif est de comprendre ce qui se joue autour de l'institutionnalisation de la santé materno-infantile, depuis l'époque colo\-niale jusqu'à nos jours. Pour ce faire, trois perspectives sont développées tour à tour. La première, d'ordre politique, présente les normes idéolo\-giques et les positions adoptées par les autorités coloniales puis par le gou\-vernement indien. La deuxième révèle la désapprobation du personnel hospitalier à l'égard de la récente démocratisation de la santé materno‑infantile. La troisième perspective, enfin, décrit la perception des bénéficiaires et souligne comment l'institutionnalisation de l'accouchement tend à renforcer les clivages socioreligieux en Inde.
Jullien, C. et R. Jeffery, 2021, Changing childbirth in 21st Century South Asia, Childbirth in South Asia: Old Challenges and New Paradoxes (Oxford, Oxford University Press) : 3-39, en ligne : https://hal.science/hal-03507534.
This introduction sets out why childbirth is a salient and timely issue for South Asia—for example, continuing, relatively high maternal and child mortality rates; growing health inequities within the countries; and new and unprecedented government schemes. It discusses the old challenges and new paradoxes of childbirth in South Asia in a global context, by reviewing the main turning points of state policies of four South Asian countries (India, Pakistan, Nepal, and Bangladesh) over the last century. After offering an overview of some main policy reforms, the introduction explores the ambivalent effects of the introduction of new obstetrical technologies (including institutional practices) and the medicalization of childbirth. A third section reflects on the scope and the importance of rights-based approaches in maternal healthcare. The chapter concludes by explaining the structure of the book and briefly introducing each chapter.
Jullien, C., 2021, Son preference in India: stigmatisation and surveillance in maternity wards in Jaipur, Rajasthan, Childbirth in South Asia: Old Challenges and New Paradoxes (Oxford, Oxford University Press) : 243-263, en ligne : https://hal.science/hal-03507542.
Through a focus on Rajasthan, this chapter analyses how government awareness campaigns for gender equality, as well as a sharp rise in institutional deliveries throughout the country in the 2000s, have affected how son preference is discussed and treated in hospitals. Drawing on 3 months of ethnographic fieldwork in a government hospital in Jaipur, this chapter shows that the condemnation of son preference has enhanced regimes of medical and moral surveillance within obstetric wards. Not only does it contribute to further castigation and self-disciplining mechanisms, but it also constitutes a new opportunity for social distinction. While condemning son preference practices, women, nurses, and doctors are constantly finding scapegoats in social classes, state, and generational differences. Thus, this chapter considers whether the public condemnation of son preference, currently jeopardizing the relationship of trust between caregivers and patients, could undermine government policies on safe motherhood.
Jullien, C., 2016, Des parturientes bien embarrassantes : la hiérarchie médicale indienne à l’épreuve, Le social à l’épreuve du dégoût (Rennes, Presses universitaires de Rennes) : 91-106, en ligne : https://doi.org/10.4000/books.pur.70298.
La 4e de couv. indique :"Corps du malade, du mourant, du mort, du pauvre : au coeur de nos sociétés contemporaines, des agents administrent pour le monde social et à sa place les marges de la vie biologique et sociale. Comment les pompiers, les travailleurs sociaux, les employés des pompes funèbres, les aides-soignantes, les infirmières et médecins se débrouillent-ils avec le "sale boulot" ? Parmi les émotions dont ils peuvent être affectés, il en est une, particulièrement archa\"ıque, apparemment spontanée et difficile à réprimer : le dégoût. Il renvoie aux sensations du corps, mais recèle aussi une dimension sociale : pas seulement dégoût du goût des autres, mais peur de devenir comme eux, surtout s'ils sont jugés socialement inférieurs. Le dégoût traduit une urgence à se "séparer". Réaction somatique à la crainte du rapprochement physique et social, émotion "mixophobe", le dégoût trace une frontière avec l'Autre, révélant les inavouables sociaux de nos sociétés. Cet ouvrage interroge ce que le dégoût "fait" aux interactions. On y découvre l'opposition radicale entre coulisses et scène, régie par l'autocensure professionnelle, et les mille stratagèmes permettant d'affronter ce qui révulse. Limitation du toucher, port de gants, lavage obsessionnel, embellissement du cadavre et toilettage des mots eux-mêmes, autant de techniques visant à mettre à distance la vie organique... des autres. Révélatrices d'une souffrance spécifique au travail, ces stratégies professionnelles avouent une ambivalence d'autant plus menaçante qu'elle semble de plus en plus indicible. Car secrété par le processus de civilisation, le dégoût est pris dans des interdits sociétaux incitant à le taire. Cela en fait un instrument d'autant plus précieux de lecture du monde social. Cet ouvrage apporte ainsi une contribution importante à l'histoire, à la sociologie et à l'anthropologie des sensibilités."
Jullien, C., 2022, Compte rendu de: Shruti Chaudhry, Moving for marriage: inequalities, intimacy, and women’s lives in rural North India (Albany, SUNY Press, 2021), Journal of the Royal Anthropological Institute, 28 (4) : 1376-1377, en ligne : https://hal.science/hal-03917732.
Cleuziou, J. et C. Jullien, 2017, Marcher pour les sciences, Carnets de Terrain, 4 mai 2017, en ligne : https://blogterrain.hypotheses.org/8930.
Le 22 avril dernier, les cortèges de la Marche pour les Sciences ont défilé dans plus d’une vingtaine de villes françaises, en écho à l’initiative de scientifiques états-uniens. Juliette Cleuziou et Clémence Jullien, anthropologues au LESC, reviennent sur ses enjeux.
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